Distinguer l’allergie et l’intolérance alimentaires

Distinguer l’allergie et l’intolérance alimentaires

Savez-vous distinguer l’allergie et l’intolérance alimentaires ? Voici quelques informations pour aider.

Vous souffrez de ballonnements lorsque vous buvez du lait. Votre bouche picote après avoir mangé une pomme. Vous avez mal au ventre après avoir goûté du chocolat. Selon vous, s’agit-il d’une allergie ou d’une intolérance alimentaire ?

On regroupe sous l’expression « réaction alimentaire » les effets indésirables découlant de l’ingestion d’un aliment. On peut diviser ces réactions alimentaires en deux grandes catégories, soit les allergies et les intolérances. Or, il est parfois difficile de les différencier.

L’allergie alimentaire implique le système immunitaire

L’allergie alimentaire se caractérise par une réponse anormale du système immunitaire à un aliment. Le plus souvent, l’allergie alimentaire est dite médiée par les IgE. Cela signifie que ce sont les anticorps de type IgE qui, lorsqu’ils entrent en contact avec un allergène spécifique, provoquent la libération massive de médiateurs chimiques comme l’histamine. Ce sont ces derniers qui sont responsables de l’apparition des symptômes associés à l’allergie.

À lire aussi : Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire ? et Distinguer les allergies induites ou non par les IgE

La sévérité d’une réaction allergique peut varier selon l’allergène en cause, mais aussi d’un individu à l’autre et même d’une réaction à l’autre chez un même individu. Ainsi, bien que la réaction allergique soit susceptible de se manifester par des symptômes relativement bénins comme des nausées ou de l’urticaire, elle peut aussi évoluer vers une forme sévère et entraîner des difficultés respiratoires, une chute de la pression artérielle et une anaphylaxie.

À lire aussi : Description des symptômes de l’anaphylaxie et Qui peut intervenir lors d’une réaction allergique sévère ?

Au Québec, 4 % de la population vivrait avec des allergies alimentaires, ce qui est loin d’être négligeable. Bien qu’une multitude d’aliments aient été identifiés comme étant allergènes, le lait, les œufs, les arachides, les noix, le soya, le blé, les poissons, les fruits de mer et la moutarde sont les aliments le plus souvent associés aux allergies alimentaires [1].

L’intolérance alimentaire fait intervenir le système digestif

L’intolérance alimentaire fait référence à une réponse physiologique qui n’implique pas l’activation du système immunitaire, mais plutôt le système digestif. Le plus souvent, l’intolérance apparaît lorsque l’organisme est incapable de métaboliser (digérer) un aliment ou l’une de ses composantes. Contrairement à l’allergie alimentaire, qui peut être provoquée par des traces d’un allergène, on remarque que les personnes qui présentent une intolérance alimentaire sont généralement capables de consommer de petites quantités de l’aliment sans problème.

L’intolérance alimentaire peut être provoquée par n’importe quelle composante d’un aliment. On peut donc être intolérant à un sucre (p. ex. lactose, fructose, sorbitol), à des additifs alimentaires (p. ex. colorants artificiels) ou encore à un composé pharmacologiquement actif (p. ex. caféine, histamine).

Bien que l’intolérance alimentaire s’observe généralement au niveau du système digestif, ses manifestations ne se limitent pas toujours à des douleurs abdominales, à des flatulences, à des nausées ou à de la diarrhée. En fait, des symptômes aussi peu spécifiques que de la fatigue, une sensation de malaise ou des maux de tête peuvent se manifester en présence d’une intolérance, ce qui rend d’autant plus difficile l’établissement du diagnostic [2]. Pour cette raison, il est particulièrement complexe de déterminer la proportion de la population qui vit avec une intolérance alimentaire.

Il existe plusieurs causes à l’intolérance alimentaire.

Parmi celles-ci, on note par exemple l’absence d’une enzyme nécessaire pour digérer complètement l’aliment. C’est le cas entre autres pour l’intolérance au lactose, qui s’observe lorsqu’un individu ne produit pas suffisamment (ou pas du tout) de lactase, l’enzyme permettant de digérer le lactose. Par conséquent, le lactose non digéré provoque des symptômes gastro-intestinaux plus ou moins sévères chez la personne intolérante (p. ex. ballonnement, diarrhées, nausées, vomissements). La sensibilité à un additif alimentaire est une autre cause possible associée à l’intolérance alimentaire. Effectivement, certains additifs alimentaires, par exemple les colorants artificiels ou le glutamate monosodique, peuvent provoquer chez la personne sensible des symptômes plus ou moins spécifiques et sévères. À lire aussi : Sensibilités chimiques : en quoi se distinguent-elles des allergies alimentaires ? Le syndrome du côlon irritable (SCI) est aussi parfois pointé du doigt pour expliquer l’intolérance alimentaire. Le SCI se veut un trouble fonctionnel de l’intestin qui affecte 10 à 15 % de la population [3]. Il se manifeste par des douleurs abdominales, de la constipation et/ou de la diarrhée. Bien que le SCI n’entraîne pas d’anomalies au niveau de l’intestin, il peut grandement affecter la qualité de vie des personnes qui en souffrent. On ne connaît pas encore avec certitude la cause du SCI. On croit cependant qu’il pourrait être provoqué par un dérèglement du système nerveux, lequel entraînerait à son tour une sensibilité accrue du système digestif à certains stimuli (p. ex. mouvements de l’intestin, consommation de certains aliments). Les recherches sur le SCI suggèrent que les sucres fermentescibles de type FODMAP pourraient exacerber les symptômes de ce trouble fonctionnel. En éliminant ou en réduisant la quantité d’aliments riches en FODMAP de l’alimentation, environ 70 % de ceux et celles qui vivent avec un SCI verraient leurs symptômes s’améliorer [4]. Attention cependant ! Le régime faible en FODMAP devrait idéalement être suivi sous supervision d’une nutritionniste afin de prévenir d’éventuelles carences nutritionnelles.

Voici un tableau présentant les FODMAP :

Tableau 1 : Quelles sont les carences nutritionnelles possibles avec l’adoption d’un régime végétalien non adapté?

FODMAP

Exemples

Exemple d’aliments riches

F pour Fermentescibles

O pour Oligosaccharides Fructanes
Galacto-oligosaccharides (GOS)
Melon d’eau, ail, oignon, blé, orge, seigle, inuline, noix de cajou, pois chiches secs, lentilles sèches
D pour Disaccharides Lactose Produits laitiers
M pour Monosaccharides Fructose Figues, mangues, poires, pommes, asperges, mélasse, miel
A pour And (et)   
P pour Polyols Sucres avec groupes alcool Cerises, pruneaux, champignons, plusieurs agents sucrants (sorbitol, mannitol, xylitol)
 

C’est ici que tout se complique. Malheureusement, il est très difficile de tracer une ligne franche entre l’allergie et l’intolérance à un aliment avant d’avoir obtenu un diagnostic clair d’un professionnel de la santé. Il y a cependant certains signes qui peuvent diriger le médecin lors du diagnostic, particulièrement dans le cas de l’allergie.

Voici un visuel illustrant la comparaison entre allergie et intolérance alimentaires

Si vous croyez présenter une intolérance ou une allergie alimentaire, le mieux est de consulter votre médecin. S’il s’agit d’une allergie, il n’y a pas de risque à prendre et un diagnostic doit être posé afin de déterminer le plan de traitement approprié. S’il s’agit d’une intolérance, le suivi par un allergologue ou une nutritionniste vous permettra d’adapter votre mode de vie et votre alimentation afin de limiter les symptômes. Dans tous les cas, un avis médical s’impose !

 

[1] Gouvernement du Canada. (14 mai 2018). Allergènes alimentaires les plus courants. Repéré à https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/aliments-nutrition/salubrite-aliments/allergies-alimentaires-intolerances-alimentaires/allergies-alimentaires.html
[2] Sciences et Avenir (14 février 2014, mis à jour 14 janvier 2019). Intolérance alimentaire définition, symptômes, traitements. Repéré à https://www.sciencesetavenir.fr/sante-maladie/intolerance-alimentaire-definition-symptomes-traitements_104581

[3] https://www.merckmanuals.com/fr-ca/accueil/troubles-digestifs/syndrome-de-l-intestin-irritable-sii/syndrome-de-l-intestin-irritable-sii#:~:text=Le%20syndrome%20de%20l’intestin,une%20constipation%20ou%20une%20diarrh%C3%A9e.

[4] Halmos, E. et coll. (2014). A diet low in FODMAPs reduces symptoms of irritable bowel syndrome. Gastroenterology, 146:67-75.

L’allergie alimentaire implique le système immunitaire

L’allergie alimentaire se caractérise par une réponse anormale du système immunitaire à un aliment. Le plus souvent, l’allergie alimentaire est dite médiée par les IgE. Cela signifie que ce sont les anticorps de type IgE qui, lorsqu’ils entrent en contact avec un allergène spécifique, provoquent la libération massive de médiateurs chimiques comme l’histamine. Ce sont ces derniers qui sont responsables de l’apparition des symptômes associés à l’allergie.

À lire aussi : Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire ? et Distinguer les allergies induites ou non par les IgE

La sévérité d’une réaction allergique peut varier selon l’allergène en cause, mais aussi d’un individu à l’autre et même d’une réaction à l’autre chez un même individu. Ainsi, bien que la réaction allergique soit susceptible de se manifester par des symptômes relativement bénins comme des nausées ou de l’urticaire, elle peut aussi évoluer vers une forme sévère et entraîner des difficultés respiratoires, une chute de la pression artérielle et une anaphylaxie.

À lire aussi : Description des symptômes de l’anaphylaxie et Qui peut intervenir lors d’une réaction allergique sévère ?

Au Québec, 4 % de la population vivrait avec des allergies alimentaires, ce qui est loin d’être négligeable. Bien qu’une multitude d’aliments aient été identifiés comme étant allergènes, le lait, les œufs, les arachides, les noix, le soya, le blé, les poissons, les fruits de mer et la moutarde sont les aliments le plus souvent associés aux allergies alimentaires [1].

L’intolérance alimentaire fait intervenir le système digestif

L’intolérance alimentaire fait référence à une réponse physiologique qui n’implique pas l’activation du système immunitaire, mais plutôt le système digestif. Le plus souvent, l’intolérance apparaît lorsque l’organisme est incapable de métaboliser (digérer) un aliment ou l’une de ses composantes. Contrairement à l’allergie alimentaire, qui peut être provoquée par des traces d’un allergène, on remarque que les personnes qui présentent une intolérance alimentaire sont généralement capables de consommer de petites quantités de l’aliment sans problème. L’intolérance alimentaire peut être provoquée par n’importe quelle composante d’un aliment. On peut donc être intolérant à un sucre (p. ex. lactose, fructose, sorbitol), à des additifs alimentaires (p. ex. colorants artificiels) ou encore à un composé pharmacologiquement actif (p. ex. caféine, histamine). Bien que l’intolérance alimentaire s’observe généralement au niveau du système digestif, ses manifestations ne se limitent pas toujours à des douleurs abdominales, à des flatulences, à des nausées ou à de la diarrhée. En fait, des symptômes aussi peu spécifiques que de la fatigue, une sensation de malaise ou des maux de tête peuvent se manifester en présence d’une intolérance, ce qui rend d’autant plus difficile l’établissement du diagnostic [2]. Pour cette raison, il est particulièrement complexe de déterminer la proportion de la population qui vit avec une intolérance alimentaire.

À quoi l’intolérance alimentaire est-elle due ?

Il existe plusieurs causes à l’intolérance alimentaire. Parmi celles-ci, on note par exemple l’absence d’une enzyme nécessaire pour digérer complètement l’aliment. C’est le cas entre autres pour l’intolérance au lactose, qui s’observe lorsqu’un individu ne produit pas suffisamment (ou pas du tout) de lactase, l’enzyme permettant de digérer le lactose. Par conséquent, le lactose non digéré provoque des symptômes gastro-intestinaux plus ou moins sévères chez la personne intolérante (p. ex. ballonnement, diarrhées, nausées, vomissements). La sensibilité à un additif alimentaire est une autre cause possible associée à l’intolérance alimentaire. Effectivement, certains additifs alimentaires, par exemple les colorants artificiels ou le glutamate monosodique, peuvent provoquer chez la personne sensible des symptômes plus ou moins spécifiques et sévères. À lire aussi : Sensibilités chimiques : en quoi se distinguent-elles des allergies alimentaires ? Le syndrome du côlon irritable (SCI) est aussi parfois pointé du doigt pour expliquer l’intolérance alimentaire. Le SCI se veut un trouble fonctionnel de l’intestin qui affecte 10 à 15 % de la population [3]. Il se manifeste par des douleurs abdominales, de la constipation et/ou de la diarrhée. Bien que le SCI n’entraîne pas d’anomalies au niveau de l’intestin, il peut grandement affecter la qualité de vie des personnes qui en souffrent. On ne connaît pas encore avec certitude la cause du SCI. On croit cependant qu’il pourrait être provoqué par un dérèglement du système nerveux, lequel entraînerait à son tour une sensibilité accrue du système digestif à certains stimuli (p. ex. mouvements de l’intestin, consommation de certains aliments). Les recherches sur le SCI suggèrent que les sucres fermentescibles de type FODMAP pourraient exacerber les symptômes de ce trouble fonctionnel. En éliminant ou en réduisant la quantité d’aliments riches en FODMAP de l’alimentation, environ 70 % de ceux et celles qui vivent avec un SCI verraient leurs symptômes s’améliorer [4]. Attention cependant ! Le régime faible en FODMAP devrait idéalement être suivi sous supervision d’une nutritionniste afin de prévenir d’éventuelles carences nutritionnelles.

Voici un tableau présentant les FODMAP :

Tableau 1 : Quelles sont les carences nutritionnelles possibles avec l’adoption d’un régime végétalien non adapté?

FODMAP

Exemples

Exemple d’aliments riches

F pour Fermentescibles
O pour Oligosaccharides Fructanes
Galacto-oligosaccharides (GOS)
Melon d’eau, ail, oignon, blé, orge, seigle, inuline, noix de cajou, pois chiches secs, lentilles sèches
D pour Disaccharides Lactose Produits laitiers
M pour Monosaccharides Fructose Figues, mangues, poires, pommes, asperges, mélasse, miel
A pour And (et)   
P pour Polyols Sucres avec groupes alcool Cerises, pruneaux, champignons, plusieurs agents sucrants (sorbitol, mannitol, xylitol)

Comment différencier l’allergie et l’intolérance alimentaires ?

C’est ici que tout se complique. Malheureusement, il est très difficile de tracer une ligne franche entre l’allergie et l’intolérance à un aliment avant d’avoir obtenu un diagnostic clair d’un professionnel de la santé. Il y a cependant certains signes qui peuvent diriger le médecin lors du diagnostic, particulièrement dans le cas de l’allergie.

Voici un visuel illustrant la comparaison entre allergie et intolérance alimentaires

Si vous croyez présenter une intolérance ou une allergie alimentaire, le mieux est de consulter votre médecin. S’il s’agit d’une allergie, il n’y a pas de risque à prendre et un diagnostic doit être posé afin de déterminer le plan de traitement approprié. S’il s’agit d’une intolérance, le suivi par un allergologue ou une nutritionniste vous permettra d’adapter votre mode de vie et votre alimentation afin de limiter les symptômes. Dans tous les cas, un avis médical s’impose !

Par Katia Vermette, rédactrice agréée

[1] Gouvernement du Canada. (14 mai 2018). Allergènes alimentaires les plus courants. Repéré à https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/aliments-nutrition/salubrite-aliments/allergies-alimentaires-intolerances-alimentaires/allergies-alimentaires.html
[2] Sciences et Avenir (14 février 2014, mis à jour 14 janvier 2019). Intolérance alimentaire définition, symptômes, traitements. Repéré à https://www.sciencesetavenir.fr/sante-maladie/intolerance-alimentaire-definition-symptomes-traitements_104581

[3] https://www.merckmanuals.com/fr-ca/accueil/troubles-digestifs/syndrome-de-l-intestin-irritable-sii/syndrome-de-l-intestin-irritable-sii#:~:text=Le%20syndrome%20de%20l’intestin,une%20constipation%20ou%20une%20diarrh%C3%A9e.

[4] Halmos, E. et coll. (2014). A diet low in FODMAPs reduces symptoms of irritable bowel syndrome. Gastroenterology, 146:67-75.

Partagez cette nouvelle avec votre réseau :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email