Prévention des allergies alimentaires : bébés et jeunes enfants

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Enfants à risque d’allergies alimentaires

La prévalence des allergies chez les enfants se situe autour de 6 % au Canada. Une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux contribue au risque de développer une condition allergique. Le terme atopie décrit cette prédisposition chez certains individus. Les nourrissons vivant avec de l’eczéma sévère sont considérés comme ayant un risque élevé de développer une allergie alimentaire. Les nourrissons avec de l’eczéma léger à modéré, des antécédents familiaux d’atopie chez un ou deux parents (allergie alimentaire, rhinite allergique, eczéma, asthme), ou les nourrissons avec une allergie alimentaire connue sont également considérés comme étant potentiellement plus à risque de développer une allergie alimentaire (ou un allergie alimentaire additionnelle).

Il est impossible de prédire le type d’allergie qu’un enfant développera, mais on remarque que plus le degré de parenté est direct, plus l’enfant risque de présenter une ou des maladies atopiques. Dans certains cas, un enfant pourrait manifester la même allergie que son parent, son frère ou sa sœur, mais il est aussi possible que sa condition se manifeste de façon complètement différente.  En outre, il est important de se rappeler que des nourrissons sans facteurs de risque particuliers peuvent aussi développer une allergie alimentaire.

Voici un résumé des recommendations canadiennes récentes et certaines données de recherche sur la prévention des allergies alimentaires chez les enfants pendant la grossesse, l’allaitement et l’introduction des aliments solides.

Grossesse et prévention des allergies alimentaires

Même si l’enfant à naître est considéré à risque de développer des allergies alimentaires, les recherches démontrent qu’une diète d’éviction des principaux allergènes (allergènes prioritaires) n’a pas d’effet protecteur sur celui-ci. Bien sûr, une mère vivant elle-même avec des allergies alimentaires poursuivra une diète adaptée à ses restrictions.

Conclusion : aucune restriction alimentaire concernant les principaux allergènes n’est recommandée pendant la grossesse.

Allaitement et prévention des allergies alimentaires

Les professionnels de la santé recommandent un allaitement exclusif pendant les quatre à six premiers mois de la vie du nourrisson, et ce jusqu’à ce que soient introduits les aliments solides. Le lait maternel continuera par la suite à combler jusqu’à la moitié des besoins nutritionnels du bébé, en complémentarité de l’alimentation solide. Jusqu’à l’âge d’un an, le lait devrait constituer le principal aliment du bébé. Selon la Société canadienne de pédiatrie, la pratique de l’allaitement devrait être poursuivie au moins jusqu’à l’âge de deux ans et même plus longtemps, en raison de ses bienfaits immunologiques et développementaux.

En ce qui concerne le rôle de l’allaitement dans la prévention des allergies, à l’heure actuelle, certaines études soutiennent qu’il joue un rôle, d’autres ne constatent aucune association.

Étude sur l’allergie aux arachides (décembre 2020) 

Selon l’étude de cohorte CHILD la consommation d’arachides par la mère pendant l’allaitement, combinée à l’introduction d’arachides chez les bébés au cours de leur première année,  réduirait le risque d’allergie aux arachides chez les enfants à l’âge de cinq ans.

«Nous n’avons pas vu d’association bénéfique directe pour l’allaitement maternel seul en relation avec la sensibilisation aux arachides», explique le Dr Azad, principale chercheuse de l’étude. «Cependant, l’effet combiné des trois expositions semblait offrir une protection accrue contre la sensibilisation aux arachides et les futurs risques d’allergie.» 

Pour l’instant, cependant, la Société canadienne de pédiatrie estime que les études sur le sujet sont insuffisantes pour recommander officiellement aux mères qui allaitent d’ingérer activement des arachides. 

Conclusion : aucune restriction ou modifiction alimentaire concernant les principaux allergènes n’est recommandée pendant l’allaitement. Toutefois, lorsqu’une réaction aux protéines contenues dans le lait maternel est soupçonnée, il est important d’évaluer la situation avec un professionnel de la santé et de modifier, au besoin, la diète de la mère.

Complément d’information sur le lait maternel

Le lait maternel contient :

  • des protéines faciles à digérer
  • des acides gras, tels que l’ADH (un acide gras oméga-3) et l’ARA (un acide gras oméga-6)
  • l’ADH et l’ARA favorisent, entre autres choses, la croissance normale du cerveau, des yeux et des nerfs, particulièrement chez les enfants de moins de deux ans
  • du cholestérol, qui rendrait l’enfant plus apte à régulariser son taux de cholestérol à l’âge adulte
  • une quantité abondante de lactose, facilitant l’absorption du calcium
  • du fer et du zinc sous forme efficacement absorbée
  • des minéraux en quantité suffisante, dont le sodium et le potassium, fournis en doses respectant le système rénal des tout-petits
  • suffisamment d’eau pour hydrater le bébé (sans devoir recourir au biberon d’eau)
  • toute une gamme de vitamines.

Au Canada, il est recommandé de complémenter l’alimentation de l’enfant allaité avec une dose de 400 UI de vitamine D par jour, dès la naissance, puisque le lait maternel ne contiendrait pas suffisamment de vitamine D pour prévenir le rachitisme. L’ajout d’un complément de vitamine B12 peut être suggéré pour une mère végétalienne qui allaite.

Le lait maternel protège en fournissant des anticorps :

  • contre de nombreuses infections de natures bactériennes et virales, notamment les infections respiratoires et gastro-intestinales ainsi que les otites
  • contre certains agents pathogènes
  • contre la multiplication de bactéries néfastes grâce au facteur bifidus, qui participe à la constitution de la flore intestinale
  • contre les staphylocoques et d’autres bactéries grâce à la protéine lactoferrine

Que votre bébé soit nourri au sein ou au biberon,

téléchargez ce journal des bonnes tétées (PDF ) pour observer son alimentation

Préparations commerciales pour nourrissons et prévention des allergies alimentaires

Les six premiers mois

Les systèmes immunitaire et digestif de l’enfant subissent leur plus importante maturation au cours des six premiers mois de vie. Rappelons que les dernières lignes directrices américaines et européennes, ainsi que la Société canadienne de pédiatrie recommandent l’allaitement exclusif, jusqu’à l’introduction des aliments solides. Toutefois, lorsque l’allaitement n’est pas possible ou non-désiré, une préparation commerciale pour nourrison est recommandée. Tout comme pour l’allaitement, si l’enfant est nourri avec une préparation commerciale pour nourrissons, ce lait devra constituer l’essentiel de son alimentation jusqu’à l’introduction des aliments solides. Après quoi, cette préparation commerciale pour nourrisson deviendra progressivement complémentaire. Choisir une préparation commerciale peut se révéler complexe. Un médecin, un allergologue ou une nutritionniste spécialisée en allergies alimentaires peut vous accompagner durant ce processus. Il faut aussi prendre en considération le coût relié aux préparations spéciales. Si l’allergie est confirmée et qu’une préparation commerciale adaptée à la diète de l’enfant est prescrite par un professionnel de la santé, la plupart des régimes d’assurance-médicaments provinciaux vous offriront un remboursement.

Les différents types de préparations commerciales offertes sur le marché 

La liste ci-dessous résume où en sont les recherches sur les différents types de préparation pour nourrissons, lorsqu’il est question de prévenir les allergies alimentaires.

Voici également un tableau des différentes marques de préparation commerciales dont vous pourrez discuter avec votre professionnel de la santé, selon les besoins de votre enfant.

1. Préparations commerciales hydrolysées (hautement et partiellement hydrolysées)

Les préparations commerciales hydrolysées sont sécuritaires pour les nourrissons à risque ou sans risque de développer des allergies alimentaires. Cependant, une compilation importante de données indique que ces préparations ne devraient pas être recommandées dans le but spécifique de prévenir les allergies alimentaires. 

2. Préparation commerciale à base d’acides aminés

Les préparations à base d’acides aminés sont utilisées pour le traitement d’une allergie sévère quand un bébé démontre une intolérance aux préparations fortement hydrolysées. Les préparations à base d’acides aminés ne sont pas utilisées à titre préventif.

3. Préparations à base de soya

Les préparations commerciales à base de soya ne sont pas utilisées à titre préventif.

4. Préparations à base de lait de vache

Dans un but de prévention de l’allergie chez tous les bébés, si préparation à base de protéines de lait de vache est introduite dans leur alimentation, la Société canadienne de pédiatrie indique désormais qu’il faut s’assurer d’en maintenir l’ingestion régulière pour éviter une perte de tolérance. La quantité peut être aussi minime que 10 mL par jour, selon les études.

À titre d’exemple, lorsqu’un bébé est allaité, mais qu’une préparation à base de lait de vache vient compléter son alimentation, il peut par la suite y avoir perte de tolérance si l’enfant cesse d’y être exposé quotidiennement, au moment où l’allaitement parvient à combler tous ses besoins nutritionnels.

Du sixième au douzième mois

Voici les consignes reliées aux préparations commerciales et autres types de laits. 

Préparations commerciales à base de lait de vache
Chez l’enfant qui consomme déjà des préparations commerciales, le parent peut continuer à lui donner le même type ou encore essayer une option plus économique ou mieux adaptée aux besoins de sa famille.  Notons qu’il est important de valider ce choix avec un professionnel de la santé. 

Comme indiqué ci-dessus, dans un but de prévention de l’allergie chez tous les bébés, lorsqu’une préparation à base de protéines de lait de vache est introduite dans leur alimentation, la Société canadienne de pédiatrie indique désormais qu’il faut s’assurer d’en maintenir l’ingestion régulière pour éviter une perte de tolérance. La quantité peut être aussi minime que 10 mL par jour.

Lait de vache

L’introduction du lait de vache 3,25 % de M.G. peut se faire entre l’âge de 9 mois et 12 mois, si l’enfant mange une variété d’aliments solides provenant de tous les groupes alimentaires. Consultez le Mieux vivre pour plus de détails.

Boissons de riz, d’avoine, de soya… Et les autres boissons végétales

Avant l’âge de deux ans, il est déconseillé de remplacer le lait de vache, le lait maternel ou la préparation commerciale par des boissons à base de riz, d’avoine, de soya ou autres, à moins d’avoir l’appui d’une nutritionniste. Celles-ci ne contiennent pas suffisamment de nutriments (dont le gras et les protéines) pour combler les besoins de l’enfant et assurer sa pleine croissance. Dans certains cas cependant, une professionnelle de la santé pourrait éventuellement recommander d’autres sources de nutriments pour complémenter ce type de boissons.

 

Introduction des solides et prévention des allergies alimentaires, notamment chez les enfants à risque

Du sixième au douzième mois (ou à partir du quatrième mois chez certains bébés*)

L’introduction des aliments solides, incluant les allergènes prioritaires, devrait se faire vers l’âge de six mois, mais pas avant 4 mois. La plupart des bébés sont prêts à consommer des aliments en purée, vers l’âge de 4 à 6 mois. Consulter ce guide pour valider que le nourrisson est prêt. Notons que l’allaitement ou la préparation commerciale devraient continuer à être offerts en priorité jusqu’à l’âge de 9 à 12 mois. Le fait de retarder la consommation d’aliments allergènes après l’âge de six mois ne préviendrait pas le développement d’une allergie alimentaire chez le jeune enfant. Selon la Société Canadienne de pédiatrie, chez les nourrissons à haut risque,  l’introduction précoce d’aliments allergènes, vers l’âge de 6 mois, mais pas avant l’âge de 4 mois, peut prévenir les allergies alimentaires courantes, notamment les allergies aux arachides et aux œufs. Selon cette même source, lorsqu’un aliment allergène a été introduit, il est important d’en maintenir une ingestion régulière (p. ex., quelques fois par semaine) pour maintenir la tolérance. Il est possible d’introduire les aliments allergènes courants sans faire de pause de quelques jours entre chaque nouvel aliment. Par ailleurs, le risque d’une grave réaction lors de la première exposition est très faible chez le nourrisson. Il n’est donc pas recommandé de procéder au dépistage préventif d’allergie avant d’introduire des aliments allergènes, chez l’enfant à risque.

Voici certains autres conseils de la Société canadienne de pédiatrie

  • Si désiré, introduire divers nouveaux aliments plusieurs jours de suite, notamment les aliments allergènes courants; aucune donnée probante n’indique que cette démarche peut être nuisible.
  • Si votre enfant tolère un aliment allergène, continuez de lui en offrir régulièrement, à raison de quelques fois par semaine, afin de lui permettre de maintenir sa tolérance face à cet allergène.
  • En cas de réaction à un aliment, consultez un médecin ou un allergologue.

Les allergènes les plus fréquents chez les enfants sont :

  • Les produits laitiers (lait, yogourt, fromage, crème glacée, etc.)
  • Les œufs
  • Les arachides
  • Les noix
  • Le blé
  • Le soya
  • Les fruits de mer (poissons, mollusques, crustacés)

Téléchargez et remplissez ce journal d’introduction des aliments solides pour suivre l’évolution de l’alimentation de votre enfant

ou

consultez notre exemple de journal d’introduction des aliments solides.

Société canadienne de pédiatrie. (1 février 2016). L’exposition alimentaire et la prévention des allergies chez le nourrisson à haut risque. Repéré à https://www.cps.ca/fr/documents/position/prevention-des-allergies-chez-les-nourrissons-a-haut-risque
Société canadienne de pédiatrie. (24 janvier 2019). Le moment d’introduire les aliments allergènes solides chez les nourrissons à haut risque. Repéré à https://www.cps.ca/fr/documents/position/allergenes-solides

Azad, M., Dharma, C., Simons, E., Tran, M., Reyna, M., Dai, R., . . . Sears, M. (decembre 2020). Reduced peanut sensitization with maternal peanut consumption and early peanut introduction while breastfeeding. Journal of Developmental Origins of Health and Disease, 12(5), 811-818. doi:10.1017/S2040174420001129https://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-developmental-origins-of-health-and-disease/article/abs/reduced-peanut-sensitization-with-maternal-peanut-consumption-and-early-peanut-introduction-while-breastfeeding/6FC80B1DBBC37CD92400FC2F37A169C4

A Consensus Approach to the Primary Prevention of Food Allergy Through Nutrition: Guidance from the American Academy of Allergy, Asthma, and Immunology; American College of Allergy, Asthma, and Immunology; and the Canadian Society for Allergy and Clinical Immunology (janvier 2021) Repéré à

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2213219820312113

Société canadienne de pédiatrie (17 décembre 2021) L’exposition aux aliments et la prévention des allergies chez les nourrissons à haut risque. Repéré à https://cps.ca/fr/documents/position/lexposition-aux-aliments-et-la-prevention-des-allergies

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