Prise en charge des allergies alimentaires

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Symptômes
Quoi faire lorsqu’on soupçonne un aliment consommé par la mère d’être allergène pour le bébé allaité?
Diagnostic
Prise en charge de l’allergie alimentaire du nourrisson >
Quoi faire lorsqu’on allaite et que l’allergie est confirmée?
Diète d’éviction de la mère qui allaite : maintien d’une alimentation saine
Diète d’éviction de la mère qui allaite : maintien de l’apport nécessaire en vitamine D et en calcium
Prise en charge de l’allergie alimentaire et préparations commerciales ou autres types de laits
Prise en charge de l’allergie et introduction des aliments solides >

Problèmes alimentaires du nourrisson

Une allergie alimentaire est une réaction excessive de notre corps au contact d’une protéine inoffensive pour la majorité des personnes.

L’aliment en question, aussi appelé allergène, est reconnu comme une menace par notre système immunitaire, qui, pour se défendre, attaque l’élément indésirable. Il va ainsi créer des anticorps. On distingue deux grandes catégories d’allergies alimentaires, les allergies IgE médiées et les allergies non IgE médiées (également appelées allergies de type IV).

Allergie IgE médiée

La grande majorité des réactions relatives à des allergies alimentaires se caractérisent par la présence d’anticorps nommés IgE.

Au contact de l’allergène, le système immunitaire déclenche la production de substances chimiques qui provoquent des symptômes allergiques. Une allergie IgE médiée se diagnostique habituellement par une combinaison de l’historique médicale, le test cutané, la prise de sang et le test de provocation oral.

Allergie non IgE médié (également appelée allergie de type IV)

La prévalence des allergies non IgE médiées est en augmentation.

Contrairement à celui de l’allergie IgE médiée, le diagnostic d’une allergie non IgE médiée n’est pas basé sur un test cutané ou une analyse sanguine puisque ce type d’allergie ne met pas en cause la production d’anticorps spécifiques IgE.

Le diagnostic repose principalement sur l’historique du patient et une réponse d’amélioration suivant l’exclusion de l’aliment soupçonné.

Symptômes

Allergie alimentaire de type IgE médié

  • Met en cause le système immunitaire
  • Réaction pouvant être déclenchée par une infime quantité, ou par simple contact avec l’aliment
  • Apparition rapide des symptômes (souvent en quelques minutes)
  • Peut provoquer des réactions très sévères pouvant mettre la vie en danger
  • Tests cutanés positifs et présence d’IgE spécifiques
  • Les signes et symptômes peuvent toucher différents systèmes (cutané, digestif, respiratoire et cardio-vasculaire).

Allergie alimentaire de type non IgE médié

  • Met en cause le système immunitaire
  • Intensité de la réaction habituellement proportionnelle à la quantité d’aliments ingérés
  • Apparition plus lente des symptômes (souvent plusieurs heures ou jours)
  • Réactions modérées à sévères
  • Tests cutanés négatifs et absence d’IgE spécifiques
  • Affecte le système digestif : vomissements, variation de la fréquence des selles, douleurs, abdominales, tortillements, mucus ou sang dans les selles

Quoi faire lorsqu’on soupçonne un aliment consommé par la mère d’être allergène pour le bébé allaité?

Certains enfants présentent des symptômes d’allergie lorsque les protéines d’allergène consommées par leur mère leur sont transmises via le lait maternel. Le corps de l’enfant allergique réagit à ces protéines, qu’il perçoit comme étant étrangères. Une diète d’éviction chez la mère pourra alors être recommandé par le professionnel de la santé, afin de pouvoir poursuivre l’allaitement.

Les symptômes d’allergies alimentaires les plus courants chez les bébés : pleurs excessifs, vomissements en jet, mucus ou sang dans les selles, difficultés répétées à boire, inconfort constant.

Autres symptômes : diarrhées à répétition, constipation tenace, selles noires, problèmes cutanés comme l’eczéma, l’urticaire ou l’apparition de plaques rouges enflées, asthme, difficultés à respirer, enflure des lèvres, de la langue et de la gorge, gain de poids insuffisant, anémie, difficulté à dormir, irritabilité, changement rapide de l’état général.

Ces symptômes peuvent se produire chez tous les enfants à l’occasion. Chez les enfants allergiques, ils se présentent de manière persistante.

Chez les jeunes enfants, les allergènes les plus fréquents sont :

  • Les produits laitiers (lait, yogourt, fromage, crème glacée, etc.)
  • Les œufs
  • Les arachides
  • Les noix
  • Le blé
  • Le soya
  • Les fruits de mer (poissons, mollusques, crustacés)

Si le bébé est allergique aux protéines d’un aliment se trouvant dans le lait maternel, il se sentira habituellement mieux dans les jours suivants le retrait de cet aliment de la diète de la mère. Si l’aliment est réintégré chez la mère et que cet aliment était en cause, les symptômes réapparaîtront rapidement.

Voici les étapes à suivre lorsque l’on soupçonne une réaction allergique chez un enfant allaité :

  • Cesser de consommer l’aliment soupçonné de causer une réaction pour une durée de 7 jours*
  • Observer tout changement d’état ou de comportement chez le bébé
  • Si aucune amélioration n’est remarquée après le retrait de l’aliment soupçonné, il se peut que l’inconfort de l’enfant soit lié à la consommation d’un autre aliment ou que l’enfant ait un autre problème de santé

*Notons que lorsque la mère cesse de consommer l’aliment soupçonné, le changement d’état peut varier d’un enfant à l’autre.

À ce stade, il est important de consulter un professionnel de la santé afin d’éviter de retirer inutilement d’autres aliments de la diète de la mère. Il s’agit d’une ressource qui guidera la famille de façon systématique afin de déterminer plus précisément la cause des symptômes. Ce soutien indispensable permettra d’éviter les autodiagnostics pouvant parfois engendrer d’autres problèmes. Consulter le site de l’AAIQ pour une liste d’allergologues par région et celui de L’OPDQ pour une liste de nutritionniste par région. Notez bien, pour rencontrer un allergologue, vous devez d’abord obtenir une référence d’un médecin généraliste.

Diagnostic

Allergie IgE médiée

Une allergie IgE médiée se diagnostique habituellement par une combinaison de l’historique médicale, le test cutané, la prise de sang et le test de provocation oral.

Test cutané (Prick Test) effectué sur la peau

Une goutte de concentré de l’allergène ou un échantillon de l’aliment est placé sur le bras du patient. Une légère égratignure est ensuite faite et un délai d’attente de 15 minutes est respecté afin que le spécialiste détermine s’il y a une réaction. Cette dernière sera notée en millimètres ou en centimètres.

IgE sanguins spécifiques

Une prise de sang est effectuée afin de déterminer les aliments contre lesquels le corps produit des anticorps.

Test de provocation orale

Ce test est parfois demandé pour vérifier s’il y a présence ou non d’allergie, quand le diagnostic d’allergie est incertain ou, dans certains cas, pour vérifier si l’allergie est disparue. On l’utilise parfois aussi pour évaluer la tolérance à certaines formes de l’allergène (comme les œufs et le lait). Les aliments sont ingérés par le patient sous supervision médicale.

Allergie non IgE médiée

Puisque les tests cutanés et sanguins ne permettent pas le diagnostic de ce type d’allergie, le régime d’éviction de l’aliment est conseillé. L’aliment soupçonné de causer des réactions est alors retiré de l’alimentation du patient. Le test de provocation orale est parfois utilisé pour confirmer le diagnostic.

Prise en charge de l’allergie alimentaire du nourrisson

Quoi faire lorsqu’on allaite et que l’allergie est confirmée?
 
Lorsqu’un diagnostic d’allergie alimentaire est posé par un professionnel de la santé, certaines restrictions pourraient s’imposer. Le médecin pourrait suggérer à la mère de retirer l’aliment soupçonné de son alimentation, et ce, même sous forme de traces. Cependant, toutes les femmes n’excrètent pas les protéines de la même façon. En effet, si le bébé ne présente aucun symptôme, la mère pourra continuer à consommer l’aliment en question.

Dans certains cas, l’enfant pourra surmonter son allergie, parfois dès l’âge d’un ou de deux ans. Environ 75 % des allergies au lait, aux œufs, au soya et au blé se résorbent avant l’âge de 8 ans.

Diète d’éviction de la mère qui allaite : maintien d’une alimentation saine
 
Que l’enfant soit allergique ou non, l’objectif alimentaire de la mère qui allaite est le même : maintenir une diète qui favorise une santé optimale et un apport adéquat en nutriments.

Selon le nombre d’allergènes à éviter, une diète d’éviction peut être hautement restrictive et peut avoir des répercussions sur la santé de la mère.

Si le bébé présente des symptômes, il faudra s’assurer que le lait maternel ne contienne aucun antigène provenant des aliments consommés par la mère. Cette étape d’adaptation requiert souvent beaucoup d’efforts et de planification.

Des restrictions alimentaires ne sont pas conseillées si l’enfant est asymptomatique.

Diète d’éviction de la mère qui allaite : maintien de l’apport nécessaire en vitamine D et en calcium
 
L’élimination des produits laitiers pour la mère qui allaite, parfois nécessaire dans le contexte d’une allergie au lait chez le bébé, aura souvent comme conséquence une baisse de l’apport en calcium. Afin de s’assurer que les besoins de la mère sont comblés, il est important de connaître les aliments de substitution.
 
Chez la mère qui allaite, l’apport nutritionnel recommandé pour le calcium varie selon l’âge. Étant donné que l’apport en vitamine D peut être difficile à combler sans produits laitiers, un supplément est souvent recommandé, soit 600 UI par jour. Voici l’apport de calcium recommandé pour une mère qui allaite :
  • Moins de 18 ans : 1 300 mg par jour
  • 18 ans et plus : 1 000 mg par jour

L’apport de vitamine D recommandé pour une mère qui allaite :

  • 600 UI par jour

Si on ne soupçonne pas d’allergie au soya, le tofu ainsi que tous les produits à base de cette légumineuse sont riches en calcium.

Voici d’autres aliments riches en calcium qui ne contiennent pas de protéines de lait ni de soya :

  • Haricots noirs, fèves de Lima, lentilles, pois chiches, haricots cuits (rouge, pinto, romano), fèves blanches
  • Certains légumes verts : brocoli et brocoli chinois, feuilles de moutarde, chou cavalier, bok choy, chou vert, rapini, okra
  • Houmous
  • Oranges
  • Amandes
  • Certains pains (vérifier le tableau de la valeur nutritive pour confirmer la quantité de calcium et pour confirmer l’absence d’ingrédients à base de lait)
  • Poissons en conserve avec arêtes : saumon, sardines
  • Boissons de riz et d’amandes enrichies de calcium

Prise en charge de l’allergie alimentaire et préparations commerciales ou autres types de laits

Préparations commerciales

La plupart des préparations commerciales pour nourrissons peuvent poser problème pour le jeune enfant allergique au lait. Généralement, lorsque l’allergie au lait est confirmée, ce dernier pourra consommer des préparations commerciales fortement hydrolysées.

Voici un tableau des différentes marques de préparation commerciales dont vous pourrez discuter avec un professionnel de la santé.

Pour les cas plus sévères ou lorsque l’enfant ne tolère pas les préparations fortement hydrolysées, on recommande les préparations à base d’acides aminés.

La plupart des régimes d’assurances provinciaux remboursent le coût des préparations fortement hydrolysées et des préparations à base d’acides aminés, sous présentation d’une ordonnance médicale, lorsqu’elles sont prescrites à titre de traitement.

Autres types de lait

Il est rare de pouvoir remplacer le lait de vache par les laits d’autres animaux (comme la chèvre, la brebis et la jument) puisque ces derniers contiennent des protéines très similaires aux protéines présentes dans le lait de vache. Il y a donc de grandes chances d’être allergique à ces laits aussi.

Prise en charge de l’allergie et introduction des aliments solides

Du sixième au douzième mois

On recommande l’introduction des solides vers l’âge de six mois, en commençant par les aliments riches en fer.

Lorsque le diagnostic d’une allergie alimentaire est confirmé, l’enfant doit éviter de consommer l’aliment en cause, même sous forme de traces.

Il est conseillé d’introduire un nouvel aliment tous les trois jours, afin de pouvoir observer les réactions de l’enfant, car, si certaines réactions sont immédiates, d’autres peuvent apparaître plus tardivement.

Sans les retirer, on suggère de porter une attention particulière aux aliments pouvant déclencher des réactions allergiques croisées. Un échange avec un professionnel de la santé permettra d’évaluer le risque d’allergies croisées.

Une allergie croisée se produit lorsqu’une personne allergique à une substance réagit à une autre substance qui contient des protéines similaires même si, a priori, les deux substances n’ont rien en commun.

Le recours à un suivi médical et nutritionnel permet d’éviter les carences pouvant nuire à la croissance de l’enfant vivant avec une ou des allergies.

Les symptômes d’allergie peuvent aussi être associés à d’autres conditions médicales sérieuses. Il est donc important de vous fier à l’avis d’un professionnel de la santé pour poser un diagnostic.

NOTONS QUE LES ÉTUDES SUR LES ALLERGIES ALIMENTAIRES AUXQUELLES NOUS FAISONS RÉFÉRENCE ONT ÉTÉ RÉALISÉES CHEZ DES BÉBÉS NÉS À TERME AU SEIN DE FAMILLES ATOPIQUES.