Questions fréquentes

Généralement, non. L’odeur d’un aliment est due à certaines petites molécules aromatiques qui s’évaporent facilement dans l’air. Ces molécules ne sont pas reconnues par le corps comme étant allergènes. Ce sont les protéines des aliments qui peuvent déclencher des réactions allergiques. Habituellement, les protéines des aliments restent avec les aliments et ne se retrouvent pas dans l’air ambiant. Donc, le fait de sentir l’odeur de l’œuf, du lait ou de l’arachide, par exemple, ne déclenche pas de réaction allergique.

Cependant, si des particules de l’aliment sont en suspension dans l’air, par exemple dans une usine où l’on manipule du lait en poudre ou l’on écaille des arachides, des particules de l’aliment peuvent se retrouver en suspension dans l’air et être inhalées par la personne sensibilisée causant ainsi une réaction allergique.

Pour le poisson (et les fruits de mer), il s’agit d’un cas particulier. Il est connu que lors de sa cuisson, des particules de poisson peuvent être entraînées dans l’air et causer des réactions allergiques aux personnes qui y sont sensibilisées et qui respirent ces particules. On recommande de bien aérer la pièce après la cuisson du poisson.

Pour que l’inhalation d’un allergène provoque une réaction allergique, trois conditions doivent être remplies :

  1. L’individu a été sensibilité à l’allergène au préalable, c’est-à-dire qu’il a été mis en contact avec ce dernier en le consommant (ingestion), en le respirant (inhalation) ou en lui touchant (contact cutané);
  2. L’allergène est présent dans l’air, sous forme d’aérosols;
  3. La personne respire l’allergène.

Mais attention! Le fait de remplir ces trois conditions ne mène pas nécessairement à l’anaphylaxie! Le plus souvent, les symptômes provoqués par l’inhalation de protéines allergènes se limiteront au système respiratoire (ex. : congestion ou écoulement nasal, toux, respiration sifflante, symptômes d’asthme) [iii]. Des réactions cutanées ont également été observées dans certains cas.

Il est à noter que toutes les personnes allergiques ne réagiront pas en respirant un allergène alimentaire présent en suspension dans l’air. Le risque dépendrait en effet de la sévérité de l’allergie et de la quantité d’allergènes dans l’air. En 1995, des chercheurs espagnols ont analysé les données relatives à l’allergie au poisson de 197 enfants [iv]. En plus de réagir à l’ingestion de l’aliment, 21 d’entre eux avaient montré des symptômes respiratoires et cutanés après avoir inhalé des protéines de poisson présentes dans l’air.
Ceci étant dit, il est normal qu’une personne ayant subi une forte réaction allergique avec un aliment puisse ressentir une forte aversion lorsqu’elle sent l’odeur de ce même aliment.

[i] Ayşenur, K. et coll. (2011). Anaphylaxis induced by lentil inhalation. Asian Pacific Journal of Allergy and Immunology, 30:167-169.
[ii] Fiocchi, A. et coll. (2003). Anaphylaxis to rice inhalation. Journal of Allergy and Clinical Immunology, 111(1):193-195.
[iii] James, J. M. et Fernandez Crespo, J. (2007). Allergic reactions to foods by inhalation. Current Allergy and Asthma Reports, 7:167-174.
[iv] Crespo, J. F. et coll. (1995). Allergic reactions associated with airborne fish particles in IgE-mediated fish hypersensitive patients. Allergy, 50:257-261.

Selon les études, vous pouvez manger des allergènes prioritaires pendant votre grossesse, sans accroître le risque de développer une condition allergique chez l’enfant à naître.

Quant à l’allaitement, les recherches démontrent que la consommation d’allergènes par la mère n’augmenterait pas le risque que son enfant devienne allergique.

Il faut, cependant, rester attentif à l’état du bébé, car dans certains cas, il peut réagir à la présence de protéines d’allergènes extraites dans le lait, que ce soit des symptômes digestifs, de l’urticaire ou assez rarement l’anaphylaxie . Pour en savoir davantage sur les symptômes d’allergie chez le nourrisson et la prise en charge lorsqu’on soupçonne une allergie, consultez notre section Bébés et jeunes enfants.

Pour en savoir plus sur le passage des allergènes par le lait maternel, lisez, Le passage des allergènes dans le lait maternel.

Le traitement de première ligne d’une réaction allergique chez une personne à risque d’anaphylaxie est l’épinéphrine, plus elle est utilisée rapidement, plus elle est efficace. Commencer par un antihistaminique peut être problématique si elle entraîne un retard dans la prise d’épinéphrine, alors qu’on a raison de croire qu’une réaction sévère se prépare.

Le seul rôle des antihistaminiques est de soulager un symptôme léger; ceux-ci ne peuvent pas arrêter l’escalade de symptômes menant à l’anaphylaxie.

De plus, les allergologues s’entendent sur le fait que la présence de 2 symptômes légers dans 2 systèmes différents du corps, ou d’un symptôme grave, nécessitent l’utilisation immédiate de l’épinéphrine.

Voici la liste des symptômes à surveiller, classés par système du corps.

SYSTÈMESSYMPTÔMES LÉGERS
Nez et yeux (système respiratoire supérieurNez : éternuements, écoulements, démangeaisons
Yeux : démangeaisons, écoulements
PeauUrticaire légère, démangeaisons légères (bouche, etc.)
Système digestifFaible nausée, inconfort
SYMPTÔMES GRAVES
PoumonsEssoufflement, respiration sifflante, toux persistante
CœurPâleur, peau bleutée, faiblesse, pouls faible, étourdissement
GorgeSerrement, voix rauque, difficultés à respirer, difficultés à avaler
BoucheEnflure marquée de la langue et/ou des lèvres
PeauUrticaire importante sur le corps, rougeur répandue, enflure des paupières et/ou du reste du visage
Système digestifVomissements à répétition, diarrhée grave
AutresSentiment de malheur imminent, anxiété, confusion

Souvent, l’enfant allergique est prêt à porter son auto-injecteur à la taille vers l’âge de 6 ou 7 ans, mais cette décision dépend de sa maturité. Avoir un auto-injecteur à la portée de la main, toujours à la même place, est une pratique qui accélère la prise d’épinéphrine, ce qui rend ce médicament plus efficace, lors d’une réaction anaphylactique.

Pour en savoir plus, consultez L’auto-injecteur selon l’âge de l’enfant.

Chez certaines personnes, de petites quantités d’allergène suffisent pour provoquer une réaction allergique. Se laver les mains avec du savon et de l’eau tiède est la meilleure pratique, pour éliminer les protéines d’allergènes.

Des lingettes nettoyantes sont également efficaces. Toutefois, les gels nettoyants sont à proscrire. Bien qu’ils tuent la plupart des microbes, ils ne délogent pas les protéines responsables des réactions allergiques.

Pour en savoir plus sur les pratiques d’hygiènes et les allergies, consultez :

Éviter la contamination des mains, de la vaisselle et des surfaces

Trucs et astuces pour limiter la contamination croisée

Contamination croisée

Généralement, oui. Allergies Québec suggère d’éviter de consommer des produits dérivés de votre allergène.

Notons, toutefois, que selon Santé Canada, les huiles hautement raffinées dérivées d’allergènes, contiennent de très faibles quantités de protéines responsables des réactions allergiques. C’est pourquoi les fabricants ne sont pas toujours tenus d’indiquer la source de l’huile lorsqu’elle est hautement raffinée et que la liste d’ingrédients pourrait comporter l’item « huile végétale ». Cependant, il existe trois exceptions, pour lesquelles la sorte d’huile doit être indiquée sur l’étiquetage nutritionnel, soit l’huile d’arachide, l’huile de sésame et l’huile de noix.

Si vous songez à introduire les huiles dérivées d’un allergène à votre alimentation, discutez de votre situation particulière avec votre allergologue.

La différence entre l’auto-injecteur pour enfant et celui pour adulte est la dose d’épinéphrine administrée. La plupart du temps, elle est prescrite selon le poids de la personne, mais il y a des exceptions. Pour confirmer la dose recommandée d’épinéphrine, selon les particularités de l’historique médical de votre enfant, consultez votre médecin.

  • 30 kg (66 lbs) et plus : dose de 0,3 mg d’épinéphrine (EpipenMD, Auvi-QMD 0,3 mg);
  • Entre 10 kg (22 lbs) et 30 kg (66 lbs) : dose de 0,15 mg d’épinéphrine (EpipenMD Jr, Auvi-QMD 0,15 mg).
  • Moins de 1 kg (22 lbs) : la Société canadienne de pédiatrie recommande aux médecins et aux familles de « soupeser les avantages et les risques d’administrer l’adrénaline par seringue après qu’un membre de la famille la prélève dans de petites fioles »[1].

Pour en savoir plus, consultez L’auto-injecteur selon l’âge de l’enfant.

 

[1] Société canadienne de pédiatrie (1er janvier 2011, reconduit le 28 février 2018). Document de principes — Le traitement d’urgence de l’anaphylaxie chez les nourrissons et les enfants. Repéré à https://www.cps.ca/fr/documents/position/traitement-urgent-anaphylaxie

Au Québec, fréquenter un centre de la petite enfance (CPE) est un droit pour tous les enfants. Les CPE ne peuvent donc pas refuser de donner une place à un enfant allergique.

Toutefois, pour les garderies privées, la réponse à cette question n’est pas catégorique. En fait, une garderie pourrait légalement refuser une place à un enfant allergique si elle n’est pas en mesure de lui assurer un environnement sécuritaire dans lequel évoluer. Dans le cas contraire, un refus pour cause d’allergie constitue un motif de discrimination.

Pour plus de détails sur les droits de la personne allergique, consultez :

Droits de la personne allergique

Se préparer à l’entrée de son enfant en milieu de garde

L’épinéphrine doit être conservée à une température se situant entre 15° et 30° Celsius.

En été :

  • Munissez-vous d’une ceinture spécialement conçue pour garder votre auto-injecteur au frais (ex : pochette Frio)
  • Évitez de l’exposer directement aux rayons du soleil
  • Évitez de le laisser dans la voiture lors de températures extrêmement chaudes
  • Évitez de le réfrigérer
  • À la plage ou au parc, placez l’auto-injecteur dans une boîte à lunch, une bouteille isolante (ex : Thermos) ou une glacière sans utiliser d’eau froide, de glace ou de blocs réfrigérants
  • En avion, gardez vos auto-injecteurs avec vous en tout temps et évitez de les laisser dans les bagages destinés à la soute, où les températures peuvent être extrêmes.

En hiver :

  • Conservez l’auto-injecteur dans une poche intérieure de votre manteau, près de votre corps
  • Évitez de le laisser dans la voiture lors de températures extrêmement froides
  • En avion, gardez vos auto-injecteurs avec vous en tout temps et évitez de les laisser dans les bagages destinés à la soute, où les températures peuvent être extrêmes.

 

Certaines personnes avec certains types d’allergies peuvent développer des réactions cutanées lors du contact avec l’aliment allergène.

Il est établi que la sensibilisation à un allergène peut survenir à la suite du contact cutané avec un aliment. Le processus serait favorisé par une rupture de l’intégrité de la peau, par exemple en présence d’eczéma, quoiqu’il puisse également se produire sur une peau saine [vi].

En est-il de même pour la réaction allergique? Selon toute vraisemblance, il est possible pour une personne allergique de réagir après avoir touché un aliment. Comme pour la sensibilisation, les réactions pourraient survenir en présence ou en l’absence d’eczéma ou d’une autre rupture de l’intégrité de la peau. Cependant, lorsqu’ils se produisent, les symptômes sont le plus souvent locaux, c’est-à-dire qu’ils s’observent au site de contact de l’allergène avec la peau. Quelques cas d’anaphylaxie par contact cutané ont néanmoins été rapportés dans la littérature [i] [ii].

 

[i] Lee, Y.-H. et coll. (2015). A case of anaphylaxis induced by contact with young radish (Raphanus sativus L). Allergy, Asthma & Immunology Research, 7(1):95-97.
[ii] Lee, Y.-H. et coll. (2015). A case of anaphylaxis induced by contact with young radish (Raphanus sativus L). Allergy, Asthma & Immunology Research, 7(1):95-97.

Le contact associé au baiser pourrait, chez certaines personnes allergiques, suffire à provoquer une réaction sévère. Ceci est possible si des traces de la substance allergène sont présentes dans la bouche et/ou la salive de la personne.

Au cours des dernières années, plusieurs cas de réactions allergiques déclenchées par un baiser ont été rapportés dans la littérature [1, 2]. Et il s’agirait d’un phénomène relativement fréquent.

Pour plus de détail sur le phénomène et la liste des précautions à prendre, consultez :

L’envers du baiser

Le premier baiser : intense, mais potentiellement dangereux

 

[1] Wüthrich B. et coll. Kiss-induced allergy to peanut. Allergy, 2001, 56:913.
[2] Eriksson NE et coll. The hazards of kissing when you are food allergic. A survey on the occurrence of kiss-induced allergic reactions among 1139 patients with self-reported food hypersensitivity. J Investig Allergol Clin Immunol, 2003;13(3):149-54.

Non, les produits sans lactose ne sont pas sécuritaires. Le lactose constitue un des sucres du lait, alors que ce sont les protéines du lait qui déclenchent les réactions allergiques. Les produits sans lactose sont destinés aux personnes vivant avec une intolérance au lactose et non pas une allergie.

En effet, l’allergie se caractérise par une réponse anormale du système immunitaire à un aliment. Selon l’individu et l’allergène en cause (mais également d’une réaction à l’autre), la sévérité de l’allergie peut varier. Chez certains individus la réaction allergique peut se manifester par des symptômes comme des nausées ou de l’urticaire, toutefois elle peut aussi évoluer plus sévèrement et entraîner des difficultés respiratoires, une chute de la pression artérielle, mettant la vie en danger.

L’intolérance à un aliment réfère à une réponse physiologique qui n’implique pas l’activation du système immunitaire. Le plus souvent, l’intolérance apparaît lorsque l’organisme est incapable de métaboliser (digérer) un aliment ou l’un de ses composants. C’est le cas notamment de l’intolérance au lactose, qui s’observe lorsqu’un individu ne produit pas suffisamment (ou pas du tout) de lactase, l’enzyme permettant de digérer le lactose.

Ainsi, la personne vivant avec une intolérance pourra présenter des douleurs abdominales, des flatulences, des nausées, des diarrhées ou autre.

Par ailleurs, alors que l’allergie est déclenchée par une protéine alimentaire, tous les aliments et leurs composants ont le potentiel de provoquer une intolérance chez un individu donné. C’est pourquoi on peut être intolérant à des composants aussi divers qu’un sucre (ex. : le lactose et le fructose), un additif alimentaire (ex. : les colorants) ou encore un composé pharmacologiquement actif (ex. : la caféine et l’histamine).

Pour aller plus loin, consultez :

Intolérances alimentaires

Allergie ou intolérance alimentaire?