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Urticaire, eczéma et autres problèmes de peau : les aliments sont-ils en cause ?

problèmes cutanés et allergies alimentaires

Avez-vous remarqué qu’après avoir bu un verre de lait, votre eczéma s’aggravait ? Des rougeurs apparaissent-elles autour de votre bouche lorsque vous mangez des fraises ou des tomates ? Avez-vous noté l’irruption de plaques sur votre ventre après avoir dégusté du chocolat ? Si c’est le cas, vous vous demandez probablement si les aliments sont en cause. La réponse à cette question n’est pas si claire… Voici donc quelques problèmes cutanés fréquents et le rôle que peuvent jouer – ou non – les aliments dans leur apparition.

 

L’eczéma

Aussi appelé dermatite atopique, l’eczéma se caractérise par une inflammation (rougeur, chaleur, enflure, douleur) et une sécheresse de la peau accompagnées de démangeaisons. Il touche surtout les enfants, environ 1 sur 5, mais les adultes ne sont pas épargnés [1].

L’eczéma se veut l’une des manifestations de l’atopie avec l’asthme, la rhinite allergique et les allergies alimentaires. En fait, il s’agit souvent de la première étape de la marche atopique menant au développement de maladies allergiques. Puisque l’eczéma entraîne une rupture de l’intégrité de la peau, il favorise le passage des allergènes au travers de la barrière cutanée et éventuellement la sensibilisation épicutanée de l’individu à un ou à plusieurs allergènes [1]. Rappelons que la sensibilisation à un allergène précède le développement d’une allergie alimentaire.

Maintenant, existe-t-il un lien entre la consommation de certains aliments et l’apparition ou l’aggravation d’un eczéma ?

C’est possible. Dans ce cas, il s’agirait en fait d’un type de réaction allergique dans lequel un aliment provoque ou exacerbe une poussée d’eczéma [2]. On observe généralement une corrélation entre la consommation de l’aliment et l’épisode d’eczéma quelques heures ou quelques jours plus tard. Cette dermatite atopique induite par un aliment ferait intervenir différents mécanismes immunitaires, notamment ceux impliqués dans certaines allergies non induites par les IgE [2].

La dermatite herpétiforme : une forme cutanée de la maladie cœliaque

Cette rare maladie chronique est en fait une manifestation particulière de la maladie cœliaque. La dermatite herpétiforme est provoquée par la consommation de gluten et s’observe par l’irruption de papules et de vésicules sur les avant-bras, les genoux, le cuir chevelu et les fesses. Les lésions, qui brûlent et démangent beaucoup, apparaissent en grappes, c’est-à-dire tout près l’une de l’autre [3, 4].

Certaines maladies ont tendance à se présenter de manière concomitante (en même temps) avec la dermatite herpétiforme, par exemple les maladies de la thyroïde, le diabète de type I et l’anémie pernicieuse [3]. Le traitement de la dermatite herpétiforme passe par une diète d’élimination de tous les aliments qui contiennent du gluten.

La dermatite de contact allergique

La dermatite de contact allergique se caractérise par une inflammation localisée de la peau qui provoque l’apparition de vésicules remplies de liquide qui démangent ou qui brûlent. Elle survient à la suite d’un contact direct avec un allergène contenu par exemple dans un shampooing, des produits cosmétiques, un savon à mains ou un aliment [5, 6].

On confond parfois la dermatite de contact allergique avec un eczéma ou une urticaire (voir la prochaine section). À la différence de ces deux dernières conditions qui peuvent impliquer la consommation d’un aliment, la dermatite de contact allergique nécessite un contact direct de l’allergène avec la peau [5].

L’urticaire

Ce problème cutané assez fréquent affecterait entre 10 % et 20 % de la population, soit jusqu’à 1 personne sur 5, au cours de sa vie [7]. Elle se caractérise par l’apparition soudaine sur la peau de plaques rouges et gonflées qui démangent énormément, surtout pendant la nuit. Les symptômes de l’urticaire disparaissent généralement en quelques heures ou en quelques jours*.

L’urticaire se manifeste quand les mastocytes, des cellules du système immunitaire, sont activés et libèrent des molécules chimiques comme l’histamine [7, 8]. Le mécanisme est similaire à celui d’une réaction allergique ou d’une anaphylaxie, mais dans le cas de l’urticaire, seuls les mastocytes présents dans la peau sont activés.

L’urticaire peut avoir plusieurs causes [7]. Les infections virales, à l’origine de près de la moitié des cas d’urticaires, sont de loin la cause la plus fréquente. Suivent ensuite les médicaments (6,3 % des cas) et les insectes (2,5 % des cas) [7]. Les aliments, de leur côté, provoqueraient moins de 2 % des urticaires [7]. Notons au passage que dans bien des cas, aucune cause n’est identifiée.

* Note : il existe une forme chronique de l’urticaire, mais elle n’est pas associée aux allergies alimentaires.

Urticaire ou réaction allergique ?

L’urticaire fait partie des manifestations de la réaction allergique, notamment dans le cas d’une allergie alimentaire. Elle peut cependant se développer seule, avec ou sans lien avec la consommation d’un aliment. Dans ce contexte, comment peut-on reconnaître la simple urticaire de la réaction allergique pouvant mener à l’anaphylaxie ?

De manière générale, l’anaphylaxie liée aux allergies alimentaires survient en quelques minutes après la consommation d’un allergène et fait intervenir plus d’un système de l’organisme. De son côté, l’urticaire seule se limite à la peau et apparaît généralement dans les 2 heures suivant le contact avec le déclencheur, qui n’est pas nécessairement un aliment. 

Dans le doute, consultez un professionnel de la santé

Si vous ou votre enfant présentez un eczéma, une urticaire ou une dermatite de contact allergique, ou encore si vous croyez que la consommation d’un aliment est associée chez vous ou chez votre enfant à l’apparition de l’un de ces problèmes cutanés, discutez-en avec votre médecin ou votre allergologue. Après avoir posé un diagnostic, celui-ci pourra vous conseiller sur la meilleure manière de soulager les symptômes. Alors que l’évitement d’un aliment pourrait vous être utile dans certains cas, d’autres solutions plus adaptées pourraient aussi être envisagées.

Par Katia Vermette

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