Les multiples facettes de la maladie cœliaque

Les multiples facettes de la maladie cœliaque

Récemment, des recherches ont levé le voile sur certains aspects de la maladie cœliaque, notamment les degrés de sévérité et le régime sans gluten. 

La maladie cœliaque en quelques points

La maladie cœliaque est une pathologie auto-immune qui, selon les estimations, toucherait 1 personne sur 266 dans le monde [1]. Elle se développe chez certaines personnes génétiquement susceptibles, c’est-à-dire qui possèdent les marqueurs génétiques HLA-DQ2 et/ou HLA-DQ8.

Chez les individus vivant avec la maladie cœliaque, la consommation de gluten provoque une inflammation des parois de l’intestin, laquelle se manifeste le plus souvent par des symptômes gastro-intestinaux (ex. : douleurs abdominales, ballonnements, diarrhées, vomissements, etc.). Des manifestations plus générales comme une fatigue extrême et une intolérance au lactose sont aussi fréquemment observées chez les personnes cœliaques.

Il est aussi possible qu’une personne cœliaque ne présente aucun symptôme [2]. On parle alors de la forme asymptomatique de la maladie. Attention cependant ! Même si la personne se sent en parfaite santé, l’inflammation intestinale pourrait tout de même être présente ! Ainsi, il est difficile d’établir le degré de sévérité de la maladie en se basant seulement sur les symptômes.

Dans tous les cas, la maladie est souvent associée à une diminution de la qualité de vie et, si elle n’est pas traitée, à un risque accru de complications, par exemple un retard de croissance chez l’enfant, une anémie, une ostéoporose, de l’infertilité ou encore différentes formes de cancers digestifs.

Un processus diagnostic complexe

Lorsqu’un médecin soupçonne une maladie cœliaque chez son patient, il lui demandera d’abord de procéder à des tests sanguins. Dans le cadre de ces tests, on quantifiera notamment les anticorps anti-transglutaminases (anti-tTG) de type IgA. Il faut cependant savoir que les tests sanguins ne sont pas toujours précis et ne permettent pas à eux seuls de diagnostiquer la maladie.  

Si les tests sanguins s’avèrent positifs, le médecin demandera alors une biopsie de la paroi de l’intestin afin de confirmer le diagnostic. En effet, en raison de la présence d’inflammation chez l’individu cœliaque, on pourra déceler des altérations dans les villosités (les plis) de la paroi intestinale.

Il est à noter que la présence d’altérations sur les parois de l’intestin n’est pas toujours observée chez les personnes ayant la maladie cœliaque [2, 3]. Ainsi, selon le jugement clinique du médecin, une personne dont la paroi intestinale semble normale pourrait tout de même recevoir un diagnostic de maladie cœliaque.

Note : La maladie cœliaque pourrait être confondue avec d’autres syndromes ou pathologies, par exemple une intolérance au lactose ou au fructose, un syndrome du côlon irritable ou encore une insuffisance pancréatique, ce qui pourrait retarder l’établissement d’un diagnostic.

Un traitement unique : le régime sans gluten

À ce jour, l’unique traitement de la maladie cœliaque est l’adoption à vie d’un régime sans gluten. En plus d’amener une amélioration, voire une résolution des symptômes, le régime sans gluten permettra avec le temps de diminuer l’inflammation intestinale et de normaliser la concentration d’anticorps anti-tTg et autres marqueurs de la maladie dans le sang.

On remarque cependant que le seuil de tolérance au gluten peut varier d’une personne à l’autre. À cet effet, des études ont montré que les individus cœliaques peuvent généralement tolérer des quantités de gluten variant de 10 mg à 100 mg par jour [2]. De cette manière, une consommation de gluten inférieure à 10 mg par jour pourrait donc éviter l’apparition d’anomalies sur les parois de l’intestin chez les cœliaques.

Mais voilà que chez certaines personnes, la présence de traces de gluten dans les aliments, dont ceux qui sont étiquetés « sans gluten » serait suffisante pour provoquer des symptômes [2,3]. Afin de confirmer cette hypothèse, Hollon et ses collaborateurs ont demandé à 17 cœliaques d’adopter pendant 3 à 6 mois un régime sans gluten plus strict [4]. Ce régime excluait tout produit sans gluten préfabriqué et vendu en épicerie et était composé exclusivement d’aliments préparés à la main à partir d’ingrédients naturellement sans gluten. Au terme de l’étude, 14 des 17 participants étaient devenus asymptomatiques.

Note : Si vous croyez souffrir de la maladie cœliaque, il est important de consulter votre médecin avant d’entreprendre un régime sans gluten, car ce dernier pourrait fausser les résultats des tests diagnostic.

Une maladie aux multiples facettes

Que ce soit en raison de ses différentes formes, des symptômes qui peuvent varier énormément d’une personne à l’autre ou même être totalement absents, et des difficultés pouvant être rencontrées lors du diagnostic ou du traitement, la maladie cœliaque n’a pas encore montré toutes ses facettes. Des recherches plus poussées seront nécessaires afin d’élucider les nombreux mystères entourant cette maladie.

En attendant, si vous croyez souffrir de la maladie cœliaque, la première chose à faire est d’en discuter avec votre médecin. Il s’agit de la seule personne en mesure d’évaluer votre condition de santé et d’en arriver à un diagnostic.

Pour de plus amples informations sur la maladie cœliaque, consulter le site de l’association Cœliaque Québec.

Par Katia Vermette, rédactrice agréée

[1] Association canadienne de la maladie cœliaque. (2006). La maladie cœliaque — Sournoise et dangereuse. [PDF]. Repéré à https://www.celiac.ca/pdfs/Hidden&DangerousFrench.pdf

[2] Itzlinger, A. et coll. (2018). Gluten-free diet in celiac disease – Forever and for all? Nutrients, 10(11):1796. DOI 10.3390/nu10111796

 [3] Al-Bawardy, B. et coll. (2017). Celiac disease : a clinical review. Abdominal Radiology, 42:351-360. DOI 10.1007/s00261-016-1034-y

 [Hollon et coll.] Hollon, J. R. et coll. (2013). Trace gluten contamination may play a role in mucosal and clinical recovery in a subgroup of diet-adherent non-responsive celiac disease patients. BMC Gastroenterology, 13:40. DOI 10.1186/1471-230X-13-40