Mois de la sensibilisation aux allergies alimentaires : s’informer pour soutenir les personnes allergiques

Soutenir les personnes allergiques - Journée québécoise des allergies alimentaires

Les allergies alimentaires constituent une réalité dont on parle de plus en plus dans notre société. Pourtant, encore trop de gens ignorent l’étendue de l’impact de cette condition de santé au quotidien. En ce mois de la sensibilisation aux allergies alimentaires, informons-nous pour mieux soutenir les personnes allergiques !

Les allergies alimentaires touchent plus de jeunes qu’on ne le croit

6 à 8 %, soit plus d’un sur 20. Voilà la proportion des enfants qui vivraient aujourd’hui avec des allergies alimentaires, si l’on se fie aux données d’études portant sur la déclaration des parents.  

En août dernier, une étude canadienne menée auprès de médecins est venue tempérer ces résultats. En effet, le nombre de jeunes canadiens de 19 ans et moins ayant reçu un diagnostic médical d’allergies alimentaires se situerait quant à lui autour de 2,53 %. I

Quoi qu’il en soit, le nombre de cas d’allergies alimentaires chez les jeunes est en hausse, et ce, partout à travers le monde.

Au Québec, environ 300 000 personnes vivraient avec des allergiques alimentaires, enfants et adultes confondus.

Les adultes ne sont pas épargnés par les allergies alimentaires

De manière générale, les allergies alimentaires se développent au cours des deux premières années de vie d’un individu. Elles disparaissent souvent pendant l’enfance. C’est le cas notamment de l’allergie aux œufs et au lait de vache, pour lesquelles on observe l’apparition d’une tolérance chez la plupart des jeunes, et ce, avant qu’ils atteignent l’âge de 16 ans.

Cela étant dit, certaines allergies sont reconnues pour persister toute la vie durant (p. ex. allergie aux arachides et aux fruits de mer). On remarque également une hausse dans le nombre de diagnostics d’allergies alimentaires chez l’adulte depuis quelques années. Souvent, ces personnes vivaient déjà avec une atopie, c’est-à-dire une maladie allergique comme l’eczéma ou la rhinite allergique.

Grosso modo, on estime que 3 à 4 % des adultes vivent avec une ou plusieurs allergies alimentaires.

Les allergies alimentaires peuvent tuer

« Manges-en juste un petit peu, ça ne peut pas être si grave ! »

Cette phrase, même prononcée avec empathie et gentillesse, figure parmi les 6 choses à ne pas dire à une personne allergique. Pourquoi ? Parce que de très petites quantités d’un allergène peuvent être suffisantes pour produire chez la personne allergique une réaction sévère pouvant mener à l’anaphylaxie. Et si cette dernière n’est pas traitée rapidement, elle peut entraîner la mort.

À ce jour, il est impossible de prévoir la sévérité d’une réaction allergique. Les symptômes, de même que leur progression, peuvent varier d’une personne à l’autre, mais aussi d’un épisode à l’autre chez une même personne.

À lire aussi : Prédire la sévérité d’une réaction allergique, une utopie ?

Seul l’épinéphrine peut contrer les symptômes d’une anaphylaxie

D’où l’importance, pour la personne vivant avec des allergies alimentaires, de toujours transporter sur elle un (ou plus d’un) auto-injecteur d’épinéphrine. D’autant plus que dans certains cas, plus d’une dose d’épinéphrine pourrait s’avérer nécessaire pour contrer la réaction allergique.

Lorsque des symptômes de l’anaphylaxie se manifestent, le temps joue contre nous. Plus rapidement la réaction sera reconnue et l’épinéphrine administrée, plus les chances de résolution des symptômes — et de survie — augmenteront. Le recours à un antihistaminique est inefficace pour contrer une réaction sévère ou une anaphylaxie et tend à retarder l’administration de l’épinéphrine qui pourrait sauver la vie.  

À voir : Quand utiliser l’auto-injecteur d’épinéphrine

Que faire si vous êtes témoin d’une réaction anaphylactique ?

Selon la Charte des droits et libertés de la personne, « toute personne doit porter secours à celui dont la vie est en péril, personnellement ou en obtenant du secours, en lui apportant de l’aide physique nécessaire et immédiate, à moins d’un risque pour elle ou pour les tiers ou d’un autre motif raisonnable ».

Ainsi, si vous êtes témoin d’une réaction anaphylactique, vous vous devez d’intervenir rapidement.  La première chose à faire sera d’administrer une dose d’épinéphrine, puis d’appeler le 9-1-1. Les services d’urgence pourront alors vous guider pour la suite des choses, en attendant l’arrivée des ambulanciers.

Les allergies alimentaires ont de nombreuses répercussions sur la qualité de vie

Un diagnostic d’allergies alimentaires bouleversera inévitablement la vie de la personne qui le reçoit. Qu’il s’agisse d’un enfant, d’un adolescent ou d’un adulte, l’individu qui doit composer avec des allergies n’aura d’autres choix que d’ajuster son mode de vie, notamment en modifiant son alimentation pour éviter ses allergènes, en traînant en tout temps sur lui son auto-injecteur d’épinéphrine et en planifiant adéquatement ses sorties. Mais en réalité, les choses ne sont pas si simples et les allergies alimentaires peuvent avoir de nombreuses répercussions psychologiques.

Puisqu’il faut même éviter les traces d’allergènes, un danger invisible, la gestion des allergies alimentaires demande une vigilance constante. Ce faisant, certains individus développeront éventuellement de l’anxiété et en viendront à craindre de sortir de la maison ou d’avoir des contacts sociaux. D’autres auront peur de vivre — ou de revivre — une réaction anaphylactique. Cette anxiété pourrait aussi favoriser l’isolement de la personne allergique. Heureusement, il est possible de limiter les conséquences psychologiques de l’allergie, et donc d’améliorer la qualité de vie, en mettant en application différentes stratégies d’adaptation.

À lire aussi : Les répercussions familiales des allergies alimentaires Partie 1

Les recherches se poursuivent pour mettre au point des traitements efficaces

À l’heure actuelle, l’évitement de ses allergènes constitue la seule manière de prévenir l’apparition d’une réaction allergique menant à l’anaphylaxie. Et même lorsque toutes les précautions sont prises, le risque de contact accidentel est toujours présent. Il arrive donc qu’une réaction se produise malgré tout. L’administration d’un auto-injecteur d’épinéphrine, le seul traitement efficace pour contrer les symptômes de la réaction allergique, s’impose alors.

Au cours des dernières années, le milieu scientifique a mené plusieurs recherches afin de mettre au point des traitements capables d’induire ce que l’on appelle un état de tolérance à un allergène. Ces traitements pourraient faire en sorte qu’une personne allergique en vienne à consommer ses allergènes sans développer de symptômes.

Parmi ces traitements novateurs, l’immunothérapie est probablement la mieux connue. Elle consiste en l’administration de doses croissantes d’un ou de plusieurs allergènes dans le but d’induire une tolérance et ainsi éviter les mauvaises surprises en cas de contact accidentel. Bien que l’immunothérapie soit offerte dans certains centres hospitaliers de la province, l’approche est toujours en cours d’étude.

Que pouvez-vous faire pour soutenir les personnes allergiques ?

En ce mois de la sensibilisation aux allergies alimentaires, chaque petit geste compte :

  • Prenez le temps d’ouvrir la discussion sur les allergies alimentaires avec vos proches allergiques et non allergiques ;
  • Informez-vous sur les allergies alimentaires, leurs dangers et leurs répercussions ;
  • Partagez de l’information pertinente sur les allergies alimentaires sur vos réseaux sociaux ;
  • Posez des questions à ceux qui vivent avec des allergies alimentaires ;
  • Évitez de poser des jugements ;
  • Restez ouverts et bienveillants.
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