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Professionnels de la santé : Testez vos connaissances sur l’allergie au lait!

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Vous voulez savoir si vos connaissances sur l’allergie au lait sont à niveau? Voici 5 questions préparées pour les pousser un peu plus loin!

1. On peut facilement distinguer les inconforts digestifs « courants » du nourrisson, des inconforts digestifs causés par la proctocolite allergique induite par les protéines alimentaires (PAIPA), causée par les protéines du lait de vache. VRAI ou FAUX

FAUX – En considérant les inconforts digestifs de manière isolée, il peut être difficile de distinguer ceux reliés à la PAIPA de ceux couramment vécus chez le nourrisson en santé. En dressant un portrait général de la situation, la distinction deviendra plus manifeste. Tout d’abord, il est important de se rappeler que plusieurs éléments peuvent contribuer aux inconforts dits « courants » chez le nourrisson : un système digestif immature, un surplus d’air avalé, des gaz, etc. Il arrive parfois également que le parent interprète les pleurs intenses (coliques) comme un symptôme d’allergie alimentaire. Le professionnel de la santé qui évalue un patient et suspecte une allergie aux protéines du lait de vache doit bien se pencher sur l’histoire clinique, en gardant en tête que les inconforts digestifs associés à une PAIPA ne se présentent généralement pas seuls. Ils sont accompagnés d’autres symptômes, comme la présence intermittente de sang dans les selles.

2. Une allergie aux protéines du lait de vache non induite par les IgE peut créer des symptômes semblables à ceux du reflux gastro-œsophagien pathologique (RGOP), sans aucun autre symptôme digestif. VRAI ou FAUX ?

VRAI : Cette situation est toutefois assez rare. Les réactions non induites par les IgE, causées par les protéines du lait de vache, se manifestent par des régurgitations et des vomissements, qui sont habituellement associés à des symptômes digestifs tels que la diarrhée, une rectorragie, des selles mucoïdes et de l’inconfort abdominal. De plus, il est important de faire la distinction entre le reflux gastro-œsophagien et le reflux gastro-œsophagien pathologique. Rappelons que 20 % des nourrissons en santé et âgés d’un mois régurgitent ou vomissent après la plupart des boires, alors que la statistique double chez les nourrissons âgés de trois à quatre mois (41 %). Le RGOP se produit lorsque le reflux gastro-œsophagien entraîne des complications ou occasionne des symptômes qui nuisent au fonctionnement quotidien. La Société canadienne de pédiatrie (SCP) propose de porter attention au positionnement de l’enfant lors des boires, de considérer l’intégration des aliments épaissis (lait maternel épaissi chez le nourrisson allaité ou préparation commerciale pour nourrisson épaissie) et le retrait des protéines de lait de vache comme traitements non pharmacologiques à envisager lorsque l’on soupçonne un RGOP chez un nourrisson en santé. La SCP y explique que, « l’évitement du lait de vache ne règle pas le RGOP, quoiqu’un sous-groupe de nourrissons allergiques aux protéines du lait de vache puisse éprouver des symptômes semblables à ceux du RGOP et pourrait profiter de cette approche ».

3. Toutes les préparations commerciales pour nourrissons à base de protéines fortement hydrolysées ou à base d’acides aminés sont équivalentes d’une marque à l’autre. VRAI ou FAUX

VRAI et FAUX : Il est vrai que toutes les préparations pour nourrissons à base de protéines fortement hydrolysées ou à base d’acides aminés sont conçues pour répondre aux besoins nutritionnels connus d’un nourrisson né à terme et en santé. Elles constituent des substituts adéquats aux préparations à base de lait de vache contenant des protéines entières. Rappelons-nous que les préparations à base de protéines fortement hydrolysées, qui ne contiennent aucun peptide d’une masse moléculaire de plus de 5000 Dalton, sont bien tolérées par plus de 90 % des enfants diagnostiqués avec une allergie aux protéines du lait de vache. Certains nourrissons devront toutefois opter pour des préparations à base d’acides aminés. Comme les préparations peuvent varier d’une marque à l’autre en termes de coût, de format disponible, d’ingrédients, de valeur nutritive et de goût, il est primordial de discuter avec les parents de l’enfant allergique afin de leur fournir une prescription qui répondra à leurs besoins.

4. Dans le cadre d’un régime d’éviction chez la maman qui allaite, on doit retirer d’emblée les traces de lait lorsque le nourrisson reçoit un diagnostic d’allergie à la protéine du lait de vache non induite par les IgE. VRAI ou FAUX

FAUX : Lors d’un régime d’éviction chez la maman qui allaite un nourrisson allergique aux protéines du lait de vache (allergie non induite par les IgE), la première étape consiste habituellement à retirer les « sources concentrées » de lait dans l’alimentation de la mère allaitante, pour une durée de 2 à 4 semaines. S’il n’y a aucun changement ou si une amélioration partielle est notée, le professionnel de la santé pourra suggérer le retrait des protéines de soya, en plus de celles du lait, ou encore le retrait des traces de lait et des traces de soya de l’alimentation de la mère. Chez plusieurs nourrissons, le retrait des « sources concentrées » de lait* peut être suffisant pour noter une amélioration des symptômes. Pour confirmer le diagnostic, le professionnel de la santé pourra également recommander la réintégration des allergènes retirés de l’alimentation de la mère.

* Lors du retrait du lait, on suggère d’éviter de remplacer tous les produits laitiers habituels par des produits de soya, car le nourrisson pourrait réagir à une augmentation soudaine de la consommation de soya.                                                                                              

5. Bien que peu de données existent sur le sujet, les probiotiques pourraient être bénéfiques pour les enfants présentant une allergie aux protéines du lait de vache. VRAI ou FAUX

VRAI : Dans son plus récent document de principes sur le sujet, la Société canadienne de pédiatrie nous informe que les données sont actuellement insuffisantes pour recommander la prise de probiotiques chez les enfants présentant une allergie aux protéines du lait de vache. Toutefois, certaines études montreraient un avantage potentiel à leur utilisation. Par exemple, deux études randomisées et contrôlées1,2 et une méta-analyse3 ont démontré que les jeunes enfants ayant reçu des préparations contenant des suppléments de L. rhamnosus GG devenaient tolérants aux protéines du lait de vache plus rapidement que ceux qui consommaient une préparation sans suppléments. Une discussion avec le professionnel de la santé permettra aux parents du jeune enfant allergique aux protéines du lait de vache de prendre une décision éclairée sur la pertinence des probiotiques dans leur cas particulier.

  • Berni Canani R, Di Costanzo M, Bedogni G, Amoroso A, Cosenza L, Di Scala C, Granata V, Nocerino R. Extensively hydrolyzed casein formula containing Lactobacillus rhamnosus GG reduces the occurrence of other allergic manifestations in children with cow’s milk allergy: 3-year randomized controlled trial. J Allergy Clin Immunol. 2017 Jun;139(6):1906-1913.e4. doi: 10.1016/j.jaci.2016.10.050. Epub 2016 Dec 30. PMID: 28043872.
  • Berni Canani R, Nocerino R, Terrin G, et al. Effect of Lactobacillus GG on tolerance acquisition in infants with cow’s milk allergy: a randomized trial. J Allergy Clin Immunol 2012;129:580–2582.e1-5.
  • Qamer S, Deshmukh M, Patole S. Probiotics for cow’s milk protein allergy: a systematic review of randomized controlled trials. Eur J Pediatr. 2019 Aug;178(8):1139-1149. doi: 10.1007/s00431-019-03397-6. Epub 2019 Jun 22. PMID: 31230196.

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