Du nouveau du côté de la prévention des allergies alimentaires chez les tout petits

prévention des allergies alimentaires

La prévention des allergies alimentaires chez le nourrisson est un sujet  qui fait l’objet de nombreux questionnements de la part des nouveaux parents. Bonne nouvelle : une récente mouture du document de principe portant sur l’exposition aux aliments et la prévention des allergies chez les nourrissons à haut risque a été publiée en décembre 2021 par la Société canadienne de pédiatrie (SCP). Voyons où en sont les recommandations.

L’évitement des allergènes n’est pas nécessaire chez la femme enceinte ou qui allaite

On sait que certains allergènes sont excrétés dans le lait maternel. C’est le cas, par exemple, de l’arachide, du bœuf, du lait et de l’œuf. Mais, à l’heure actuelle, les données d’études n’ont établi aucun lien entre l’alimentation de la femme qui allaite et le risque qu’a son enfant de développer une allergie alimentaire. Même chose pour la nourriture consommée pendant la grossesse. Si vous êtes enceinte ou que vous allaitez, sachez que l’on ne recommande pas d’éviter les allergènes alimentaires.

Mais la consommation d’allergènes par la mère pourrait-elle avoir un effet protecteur sur le bébé ?

En ce qui concerne précisément l’arachide, certaines études semblent indiquer que sa consommation par la mère qui allaite pourrait réduire le risque de sensibilisation chez son enfant. À une condition cependant : l’arachide doit être introduite assez tôt dans l’alimentation du bébé, soit avant l’âge d’un an. Le concept, que l’on appelle la triple exposition, a fait l’objet d’une étude en 2020 auprès de 2 759 duos mères-enfants inclus à la cohorte CHILD [1]. Toutefois la SCP estime que plus de recherches sont nécessaires sur le sujet. Dans ce contexte, elle ne recommande pas aux femmes enceintes de modifier leur alimentation dans le but de prévenir le développement d’une allergie alimentaire chez l’enfant à naître.

À noter que l’Organisation mondiale de la santé recommande toujours l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, suivi de l’allaitement complémentaire jusqu’à deux ans ou plus afin de promouvoir la santé des tout petits. Les données demeurent toutefois insuffisantes pour affirmer que l’allaitement constitue une stratégie de prévention des allergies alimentaires.

La régularité de mise pour les préparations commerciales à base de lait de vache

Si votre nourrisson n’est pas allaité et que vous vous questionnez sur la préparation lactée à privilégier dans une optique de prévention des allergies alimentaires, la SCP ne recommande pas un type de préparation commerciale plutôt qu’une autre, considérant les données insuffisantes sur le sujet.

Si vous allaitez votre bébé et songez à lui offrir à l’occasion une préparation commerciale, sachez qu’il vaut mieux miser sur la constance ! Des études provenant du Japon semblent indiquer une augmentation du risque d’allergie quand des préparations commerciales à base de lait de vache sont proposées aux nourrissons, mais de manière irrégulière (c’est-à-dire pas tous les jours). Si vous vous trouvez dans une situation similaire et optez pour une préparation à base de lait de vache, la SCP recommande d’offrir régulièrement à votre nourrisson une petite quantité de préparation commerciale (2 cuillères à thé ou 10 ml par jour) tout en poursuivant l’allaitement. 

Si vous ne pouvez pas allaiter votre bébé ou si vous décidez de ne pas le faire, sachez qu’une variété de préparations lactées est disponible sur le marché. Cependant, si votre enfant a reçu un diagnostic d’allergie alimentaire et que vous vous questionnez sur le type de préparation commerciale à lui offrir, la meilleure option demeure d’en discuter avec son médecin, son allergologue ou une nutritionniste spécialisée en allergies alimentaires.

Peu importe si votre bébé est allaité ou nourri avec une préparation commerciale, gardez en tête que ce lait devrait constituer la base de l’alimentation de votre bébé jusqu’à ce que ce dernier ait atteint l’âge d’un an.

Le moment d’introduction des allergènes varie peu selon le risque de l’enfant

Avant d’aller plus loin, prenons le temps de définir les niveaux de risque d’allergie alimentaire chez les petits.

La SCP considère un enfant à haut risque d’allergie alimentaire lorsqu’il présente « une histoire personnelle d’atopie ou dont un parent au premier degré (au moins un parent, un frère ou une sœur) présente une affection atopique (p. ex., asthme, rhinite allergique, allergie alimentaire ou eczéma) ». Ceux qui ne présentent pas ces facteurs de risque sont considérés comme des enfants à faible risque. Le document de principe précise également que, selon les données probantes sur le sujet, les enfants les plus à risque de développer une allergie alimentaire « possèdent des antécédents personnels d’eczéma ou sont déjà atteints d’une autre allergie alimentaire ».

Pour les enfants à haut risque d’allergie alimentaire, la SCP conseille d’introduire les allergènes (p. ex., œuf cuit, arachide) vers l’âge de six mois, mais pas avant quatre mois. L’introduction, faite à la maison, doit tenir compte du développement de l’enfant (p. ex., s’il peut se tenir assis). Cette recommandation s’appuie sur des données probantes convaincantes cumulées depuis 2013. Pour les enfants qui présentent un risque faible, on peut commencer à offrir des allergènes à son enfant aux alentours de six mois.

Par ailleurs, la pratique qui visait à introduire un aliment à la fois et d’attendre trois jours avant d’en ajouter un autre est révolue. D’après la SCP, aucune donnée probante ne semble appuyer cette pratique. Divers aliments, dont les allergènes, peuvent donc être introduits plusieurs jours de suite, selon la volonté des parents.

Aucun changement, toutefois, du côté de la recommandation portant sur la consommation régulière d’un allergène. Ainsi, une fois que vous avez introduit sans problème un allergène au menu de votre enfant, assurez-vous de lui en offrir fréquemment, à raison de quelques fois par semaine, afin de maintenir sa tolérance.

Et rappelez-vous : en cas de réaction à un aliment, consultez un médecin ou un allergologue !

Le dépistage préventif des allergies alimentaires non recommandé chez le nourrisson

Si vous avez un bébé à la maison et qu’il est considéré à haut risque d’allergie alimentaire, vous vous questionnez peut-être sur l’utilité des tests de dépistage préventifs. Il s’agit de tests cutanés ou de l’analyse des IgE spécifiques dans le sang.

La SCP ne recommande pas de recourir à ce genre d’analyses dans le but de détecter une allergie alimentaire avant l’introduction des allergènes dans l’alimentation du bébé. L’une des raisons invoquées est le risque d’erreur associé. En effet, un résultat positif à un test cutané ou sanguin ne permet pas de diagnostiquer avec certitude une allergie alimentaire. Avec le test sanguin par exemple, on pourra identifier les aliments contre lesquels le corps fabrique des anticorps IgE. On dira alors qu’il est sensibilisé à l’allergène en question. Mais impossible de savoir s’il réagira réellement en mangeant l’aliment.

En outre, les données montrent qu’il est rare qu’un enfant développe une anaphylaxie la première fois qu’il consomme un allergène. Même si cela se produit, les manifestations s’avèrent généralement moins graves chez les jeunes enfants que chez les plus vieux.

En terminant, notons que des études sont en cours afin de déterminer l’effet de la vitamine D, de l’oméga-3, de même que des prébiotiques et des probiotiques sur le risque d’allergies alimentaires.  La SCP est cependant d’avis qu’encore trop peu d’informations sont disponibles à l’heure actuelle pour en tirer des conclusions et émettre des recommandations en lien avec ces stratégies.

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[1] Azad, M., Dharma, C., Simons, E., Tran, M., Reyna, M., Dai, R., . . . Sears, M. (2021). Reduced peanut sensitization with maternal peanut consumption and early peanut introduction while breastfeeding. Journal of Developmental Origins of Health and Disease, 12(5), 811-818. doi:10.1017/S2040174420001129

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