Prise en charge de l’allergie au lait de vache non induite par les IgE, chez le nourrisson

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Selon les recommandations officielles, ce ne sont pas tous les types d’allergies qui nécessitent une consultation en allergologie. Voici un survol portant sur le diagnostic et la prise en charge de l’allergie au lait de vache non induite par les immunoglobulines E (ou IgE) chez le nourrisson. Les informations transmises par Cosette Gergès, nutritionniste en pédiatrie, visent à sensibiliser les omnipraticiens, pédiatres, infirmières spécialisées ainsi que les nutritionnistes.

Visionnez notre capsule de moins de 5 minutes, destinée aux professionnels de la santé  : 

1. Allergies Québec : Chez le nourrisson, quels types d’allergies ne nécessitent pas une consultation en allergologie?

Chez le nourrisson, il y a 2 principaux types d’allergies non induites par les IgE. La plupart du temps, les bébés touchés peuvent être traités par les omnipraticiens, les pédiatres, les infirmières praticiennes spécialisées ou les nutritionnistes. Il s’agit du syndrome d’entérocolite induite par les protéines alimentaires (ou SEIPA) et la proctocolite allergique induite par les protéines alimentaires.

Contrairement aux allergies induites par les IgE, le diagnostic est basé exclusivement sur l’histoire clinique, sans recours aux tests d’allergies. Il peut ainsi être posé par les omnipraticiens, les pédiatres et les infirmières praticiennes spécialisées.

2. Allergies Québec : Quels sont les principaux signes et symptômes qui indiqueraient qu’il s’agit d’une allergie non IgE?

Le SEIPA en phase aiguë se manifeste par des vomissements profus et répétés, souvent accompagnés de pâleur, léthargie ou de ces deux symptômes en même temps et se déclare chez les enfants âgés de 2 à 7 mois, lors de l’introduction des aliments complémentaires ou des préparations commerciales pour nourrissons. Les manifestations apparaissent habituellement d’une à quatre heures après l’ingestion de l’aliment déclencheur.

Tandis que le nourrisson atteint d’une proctocolite allergique présente du sang dans les selles alors qu’il est autrement en bonne santé. La condition se déclare généralement entre une et 4 semaines de vie.

3. Allergies Québec : Comment distinguer ces conditions de l’allergie IgE?

Ces 2 conditions se distinguent de l’allergie induite par les IgE qui doit être prise en charge par un allergologue. En effet, l’allergie induite par les IgE se manifeste par des symptômes gastro-intestinaux plus rapides comme des vomissements en jet, des symptômes cutanés ou respiratoires.

4. Allergies Québec :  Quelle est la prochaine étape lorsqu’on soupçonne un SEIPA ou proctocolite allergique?

Lorsque l’on soupçonne le SEIPA ou la proctocolite allergique, on doit éliminer la protéine de lait de l’alimentation du nourrisson et surveiller la résorption des symptômes. Pour le nourrisson allaité, lorsqu’il y a soupçon de proctocolite, on doit aussi retirer cette protéine du régime de la mère.    

S’il n’y a pas d’amélioration, selon le cas, on pourra revoir le diagnostic ou consulter une nutritionniste avant de poursuivre l’éviction d’autres aliments.

Dans le cas de la proctocolite allergique, s’il n’y a toujours pas d’amélioration des symptômes après 2 à 4 semaines, on retirera le soya du régime de la mère avant de revoir le diagnostic et de poursuivre l’éviction d’autres aliments.

Notons qu’il n’est pas nécessaire d’éliminer d’emblée tous les allergènes prioritaires de l’alimentation de la mère ou de cesser l’intégration des autres allergènes dans celle du nourrisson, lorsqu’on soupçonne une allergie au lait.

5. Allergies Québec : Lorsque l’allaitement n’est pas possible ou souhaité, quel type de préparation commerciale pour nourrisson offrir à l’enfant qui présente des symptômes d’allergies non induites par les IgE et pourquoi?

Pour traiter l’allergie non induite par les IgE chez les nourrissons non allaités ou en sevrage de l’allaitement, on prescrira d’abord une préparation fortement hydrolysée.

S’il n’y a pas d’amélioration après 2 à 4 semaines, on essaiera alors une préparation à base d’acides aminés.

Il ne faut pas utiliser les préparations commerciales pour nourrissons partiellement hydrolysées pour traiter l’allergie au lait de vache. Une réactivité croisée se produirait chez environ 50% des nourrissons allergiques aux produits laitiers.

Les préparations fortement hydrolysées qui ne contiennent aucun peptide d’une masse moléculaire de plus de 5000 Dalton sont bien tolérées chez 90% des enfants touchées par l’allergie au lait de vache.

Les préparations à base d’acides aminés sont composées d’acides aminés élémentaires. Elles sont indiquées dans les cas où les nourrissons ne tolèrent pas les préparations fortement hydrolysées.

C’est d’ailleurs le même traitement prescrit pour les enfants non allaités touchés par une allergie à la protéine du lait de vache induite par les IgE, et donc à risque de réaction anaphylactique.

6. Allergies Québec : Avez-vous d’autres conseils pour le suivi de jeunes patients avec une allergie non induite par les IgE?

Dans un contexte de retrait du lait, une nutritionniste peut jouer un rôle clé en s’assurant que l’alimentation de l’enfant couvre ses besoins et permet une croissance harmonieuse.

Notons aussi que, dans plusieurs cas, il y aura résolution de l’allergie au lait de vache non induite par les IgE. L’équipe médicale choisira le moment approprié pour réintroduire la protéine de lait, afin de déterminer si la tolérance a évolué. Ce moment variera en fonction du diagnostic spécifique de l’enfant.

Vous voulez en savoir plus sur les allergies? Sachez que notre ligne de soutien gratuite est offerte autant au patients qu’aux professionnels de la santé. Composez le 1-800-990-2575 poste 204.

À lire aussi : Section bébés et jeunes enfants (Prévention et prise en charge des allergies alimentaires, Ressources)

 

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