Mes premières expériences de « challenge » — un témoignage sur l’immunothérapie orale

Témoignage sur l'immunothérapie

Marie-Laurence D’Amours, 13 ans, se confie de nouveau à Allergies Québec, cette fois, en nous entretenant sur les hauts et les bas de l’immunothérapie orale. Comme première étape de ce traitement médical, le patient doit  faire ce qu’on appel un « challenge », c’est à dire un test de provocation, il doit consommer l’allergène sous supervision médicale. Voici le témoignage de Marie-Laurence, portant sur son premier « challenge » aux œufs et ensuite son deuxième, aux arachides.

À l’automne 2019, mon allergologue m’avait proposé de prendre part à un challenge aux œufs cuits, car il était très confiant de l’issue.  Bon, très enthousiaste, j’ai accepté, parce que le fait de ne plus être allergique aux œufs cuits me permettrait de goûter à plusieurs mets que j’ai toujours rêvé de manger. Ma mère avait préparé les cupcakes et arriva le jour du challenge. On avait des tests cutanés à faire, l’infirmière en a donc profité (à la demande de mon allergologue) pour essayer le muffin également. À peine quelques secondes plus tard, on remarquait déjà une grosse plaque qui ne cessait de prendre de l’expansion. Je tiens à préciser qu’étant donné le fait que je suis très allergique aux œufs, la quantité de cet ingrédient avait été coupée en deux dans la recette. Vu la situation, pour ma sécurité, mon allergologue a mis fin à l’expérience… malheureusement. Naturellement, j’ai vécu beaucoup de déceptions, c’est aujourd’hui les seules pensées qui me viennent à l’esprit quand je pense à cet événement.

Près de 1 an plus tard, c’est finalement en octobre dernier que j’ai vécu ma première vrai expérience de challenge afin d’entreprendre la désensibilisation aux arachides. Et mine de rien, ce fut un très gros processus mental d’accepter d’y participer. Une décision qui peut sembler assez banale à prendre, mais en ce qui me concerne m’a fait passer par tous les types d’émotions. Je pense qu’on peut souvent sous-estimer l’anxiété qu’une personne peut ressentir, la première fois qu’elle mange quelque chose sur laquelle il a toujours eu un drapeau rouge. D’où le grand stress que j’ai vécu avant, durant et dans les minutes après le challenge. Dans les lignes qui suivent, je vais vous décrire les anticipations que j’ai eues et mon expérience; j’espère que cela vous sera utile.

 

C’est compliqué, je vous dirais, de mettre les mots exacts sur ce j’ai ressenti parce que j’ai passé par toute la gamme d’émotions possibles.

Cela a commencé par beaucoup d’angoisse de se retrouver du jour au lendemain confronté à un aliment qui était un gros NON depuis mon enfance. Et c’était difficile qu’une infirmière m’incite à manger du beurre de « pinottes » quand je n’en avais jamais vraiment goûté. J’ai trouvé ça stressant avant, pendant et après, parce que même si j’ai une très grande confiance envers le médecin, il y a tout de même un pourcentage de risque que je fasse un choc anaphylactique. Ma plus grande peur a toujours été de faire une réaction allergique, ça reste épeurant de penser que je pourrais peut-être un jour me retrouver dans cette situation.

Autrement qu’avoir eu peur, de la peine, et de l’angoisse, l’expérience s’est très bien déroulée. J’ai eu la chance d’être bien entourée. J’avoue ne pas avoir aimé la texture du beurre d’arachide à la première tentative, mais on s’entend, je l’ai pris à la cuillère. Vraiment pas ma meilleure idée. N’empêche que j’ai été très stressée tout le long. Mais après avoir avalé le beurre d’arachides, la première fois, j’avais déjà hâte d’en remanger, juste par excitation. C’est un sentiment de découverte comme je l’avais jamais vécu.

Je sais que le challenge a été un grand défi pour ma mère en particulier, qui essaie toujours de faire en sorte de trouver des alternatives, pour que je puisse me sentir comme les autres, malgré mes allergies. Mais, mon père m’a inspiré confiance et ma sœur aussi, et c’est l’accumulation de ces perspectives qui m’ont poussé à le faire. Ça compte probablement parmi mes plus grandes fiertés à date.

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Je ne peux pas vous dire, malgré mon expérience, comment vous allez vous sentir face à un premier challenge… Mais je peux toutefois vous dire qu’aujourd’hui, manger des arachides, c’est un défi de moins sur la liste et ça me donne plein d’espoir pour le futur. Justement, on n’a pas toujours conscience que les connaissances sur les allergies avancent vite. J’en suis seulement à la première allergie « disparue », et si en un claquement des doigts, mes 32 allergies pouvaient disparaître, ou encore s’il existait un équipement magique pour m’en débarrasser, je dépenserais toutes mes économies pour me le procurer. Le futur traitement de mes allergies est peut-être dans la désensibilisation, et je vous dis que c’est une grande fierté pour moi d’avoir fait le premier pas. 

Les allergies alimentaires m’auront appris beaucoup de leçons de vie, et c’est même devenu un grand centre d’intérêt pour moi. Une de mes leçons est qu’il ne faut jamais tenir les choses pour acquises, car au final tout peut changer. Je peux manger des arachides, depuis 7 mois environ, certes, et même si je ne suis pas une grande fan du goût, je suis heureuse d’avoir cette possibilité maintenant.    

Allergies Québec remercie sincèrement Marie-Laurence pour ce partage et rappelle à tous qu’un test de provocation orale est un processus qui doit toujours être entrepris sous supervision médicale.

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