5 réalités de la personne allergique que nous comprenons grâce à la pandémie

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblait le quotidien des personnes vivant avec des allergies alimentaires ? En ces temps de pandémie et de confinement, vous partagez probablement plusieurs défis avec elles. En ce mois de la sensibilisation aux allergies alimentaires, nous vous en présentons quelques-unes.

  1. Vivre constamment avec la peur au ventre

La peur de faire une réaction allergique. La peur d’être malade. La peur de mourir. La personne allergique vit constamment avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En effet, elle ne sait pas toujours où se trouvent les allergènes qui pourraient lui être fatals et doit composer avec cette réalité au quotidien. Elle n’a d’autres choix que de s’adapter en apprenant à gérer le risque.

Ce sentiment d’incertitude et cette dose constante de stress sont maintenant partagés par la population mondiale en raison de la COVID-19. La maladie, causée par un virus invisible à l’œil nu, se transmet facilement d’une personne à l’autre. Comble de malheur, des personnes pourraient être porteuses du virus sans présenter de symptômes, ce qui ajoute à la peur que nous vivons tous de contracter et de propager à notre tour la maladie.

Et ce n’est pas tout. Même si le virus s’avérera relativement sans danger pour beaucoup d’entre nous, il sera fatal pour certains individus. Mais impossible, à l’heure actuelle, de savoir qui tombera au combat. Tout comme les personnes allergiques, c’est donc avec la peur au ventre que nous avançons. 

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  1. Faire l’épicerie et les repas : toute une planification !

Depuis le début du confinement, nous organisons à l’avance notre menu. Nous préparons notre liste d’épicerie dans le moindre détail afin de limiter nos sorties et rendre le plus efficaces possible nos visites en épicerie. Nous faisons preuve de créativité pour remplacer certains ingrédients dans nos recettes.

Notre réalité ressemble étrangement à celle des personnes allergiques. Parce que la gestion des allergies alimentaires passe entre autres par un régime strict d’exclusion de certains aliments, les personnes allergiques sont devenues maîtres en matière de planification et de créativité ! Un modèle à suivre en ce cette période de pandémie.

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  1. L’isolement : au cœur de notre « nouveau » quotidien

Depuis quelques semaines, nous sommes confinés à la maison, loin de notre famille, de nos amis. En tant que bon citoyen, mais aussi par peur de contracter la COVID-19, nous avons choisi de respecter les mesures de distanciation sociale et les recommandations de la santé publique et limitons désormais nos contacts avec nos proches.

Malgré tout, le confinement va à l’encontre même de la nature humaine, qui fonctionne grâce aux relations sociales. En limitant nos contacts physiques, certains se sentiront de plus en plus seuls, ce qui accentuera l’isolement dans lequel nous nous trouvons actuellement.

L’isolement n’est pas seulement associé à la pandémie actuelle. Il s’agit de l’une des nombreuses conséquences collatérales d’un diagnostic d’allergies alimentaires. Par peur d’une réaction, plusieurs personnes allergiques auront tendance à s’isoler en limitant leurs sorties, préférant la sécurité de leur domicile au risque inhérent de l’extérieur et à l’incompréhension de plusieurs face à la sévérité des allergies alimentaires.

Avec le temps, en misant sur l’information et l’éducation, la personne allergique s’adapte à sa nouvelle réalité, en vient à briser progressivement l’isolement et apprend à vivre avec l’incertitude amenée par sa condition. Elle en vient aussi à sensibiliser son entourage sur sa réalité. Après plusieurs semaines de confinement, et en fonction de l’information disponible et du retour graduel à la normale, nous sommes nous aussi amenés à nous adapter.

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  1. Limiter la contamination croisée

Une personne porteuse asymptomatique de la COVID-19 entre dans un dépanneur en poussant la porte avec ses mains. Quelques minutes plus tard, vous poussez la même porte pour aller chercher un carton de lait, puis mettez vos mains à votre visage. Quelques jours plus tard, vous développez des symptômes. 

Il s’agit là d’un exemple de contamination croisée parmi tant d’autres. Ici, le coronavirus aurait pu être remplacé par des traces d’arachides. En touchant la porte et en mettant ses mains à sa bouche par la suite, une personne allergique aurait pu développer des symptômes légers ou plus sévères d’allergie. 

Dans le cas de a COVID-19 comme de l’allergie alimentaire, les mains et les surfaces sont des vecteurs de contamination croisée importants.

Pour les personnes allergiques, le lavage des mains et des surfaces fait partie du quotidien. Ces mesures font partie d’une bonne gestion du risque visant à éliminer — du moins limiter — les allergènes qui pourraient se retrouver sur les mains lorsque vient le temps de manger ou sur les surfaces lors de la préparation des repas.

L’arrivée de la COVID-19 a ramené en haut de la liste l’importance de l’hygiène des mains et du nettoyage adéquat des surfaces pour freiner la propagation de la maladie. Pensons-y !

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  1. La vigilance au premier plan

As-tu lavé tes mains en rentrant dans la maison ?

Ne mets pas tes mains dans ton visage !

Non, tu ne peux pas accepter la nourriture que t’offre ton ami…

Ces phrases sont sur toutes les lèvres ces jours-ci. Pour les personnes allergiques et leurs parents, pour qui la vigilance est de mise en tout temps, il s’agit d’un terrain connu.

Mais attention ! Que l’on vive avec des allergies alimentaires ou que l’on affronte la COVID-19, prenons garde à ne pas tomber du côté de l’hypervigilance ! En effet, peu importe l’élément dangereux (virus ou allergène), il faut savoir trouver un équilibre qui nous permettra de bien gérer le risque tout en réapprenant à vivre avec le danger.

Sans aucun doute, le coronavirus nous amène à travailler notre empathie, notamment envers ceux et celles qui vivent avec des allergies alimentaires et avec qui nous partageons plusieurs défis. Cette année, alors que se déroule le mois de la sensibilisation aux allergies alimentaires et que nous nous trouvons en contexte de pandémie, soyons plus que jamais bienveillants et solidaires!

Par Katia Vermette, rédactrice agréée