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Lorsqu’une seule dose ne suffit pas…

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21 mai 2014

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On rapporte que 16 à 35% des réactions anaphylactiques nécessiteraient l’administration de plus d’une dose d’épinéphrine. 

Est-ce à dire que les personnes allergiques à risque d’anaphylaxie devraient toujours transporter deux doses? Certaines situations particulières nécessiteraient-elles toujours plusieurs doses? Et qu’en est-il des enfants? Des scientifiques se sont penchés sur la question des doses multiples…

      Un groupe de chercheurs américains a récemment publié une étude sur l’utilisation de doses multiples d’épinéphrine pour le traitement des réactions anaphylactiques induites par l’ingestion d’aliments chez les enfants. Leur objectif principal était de déterminer la prévalence et les facteurs de risque associés à l’administration de doses répétées d’épinéphrine. Les résultats de cette étude indiquent que dans 19% des cas, une seconde dose a été administrée dans les 30 minutes suivant l’injection de la première dose. Cette courte période de temps suggère que la deuxième injection a été donnée surtout en raison de l’efficacité insuffisante de la première dose plutôt que pour pallier l’apparition d’une seconde réaction allergique plus tardive (biphasique). D’autres raisons possibles ont également pu justifier la nécessité d’une seconde injection : une première dose inadéquate par rapport au poids de la personne, l’utilisation d’un auto-injecteur expiré et l’utilisation inappropriée de l’auto-injecteur.

Quelques détails à propos de l’étude…

Entre septembre 2006 et février 2007, un questionnaire anonyme a été remis aux parents des patients d’une clinique pédiatrique spécialisée en allergies alimentaires de l’Hôpital Mont Sinaï de New York. Au total, 413 questionnaires ont été analysés et les enfants étudiés étaient âgés en moyenne de 4,5 ans.

Les principaux résultats :

♣ Les réactions rapportées ont surtout été provoquées par l’ingestion d’arachides, de noix et de lait.

♣ La moitié des parents ont rapporté des manifestations sévères (serrement à la gorge, toux, difficulté à respirer, sifflements, chute de la pression, évanouissement) chez leur enfant lors de la réaction allergique.

♣ Seulement 20% de ces enfants avaient déjà utilisé l’épinéphrine.

♣ Parmi les 211 enfants qui ont déjà eu une réaction allergique avec manifestations sévères, 62 (28%) ont rapporté ne pas avoir leur auto-injecteur d’épinéphrine avec eux lors de la visite à la clinique médicale.

♣ Parmi les 95 réactions allergiques traitées avec l’épinéphrine, 77 (81%) ont été traitées avec une seule dose alors que 18 réactions (19%) ont été traitées avec plus d’une injection.

♣ Dans environ la moitié des cas, c’est l’enfant lui-même ou le parent qui a administré la première dose d’épinéphrine alors que dans environ le quart des cas, elle a été injectée à l’urgence.

♣ Pour les réactions ayant nécessité plusieurs doses, la seconde injection a été administrée par un professionnel de la santé dans 94% des cas.

♣ Dans le groupe ayant reçu plusieurs doses, plus d’enfants ont rapporté des sensations de serrement à la gorge et plus de sujets étaient asthmatiques par rapport au groupe n’ayant reçu qu’une seule dose.

♣ La quantité de nourriture ingérée ou un délai avant l’administration de la première dose n’étaient pas des facteurs de risque liés à la nécessité de doses supplémentaires d’épinéphrine.

Que pouvons-nous en retenir?

Les résultats de cette étude sont intéressants à plusieurs niveaux :

• Ils donnent quelques indices concernant les situations où plus d’une dose sont nécessaires : inefficacité de la première injection, mauvaise utilisation de l’auto-injecteur, expiration du médicament, les sensations de serrement à la gorge et l’asthme nécessiteraient plus souvent plus d’une dose.

• Le fait que près de 20% des réactions allergiques étudiées ont eu besoin d’une seconde dose d’épinéphrine devrait convaincre les personnes allergiques et leur famille de faire preuve de vigilance.

• Les auteurs soulignent l’importance de transporter plus d’une dose d’épinéphrine au cas où elle serait nécessaire.

On ne le dira jamais assez : toujours transporter un auto-injecteur d’épinéphrine peut sauver une vie, mais avoir une deuxième dose sous la main est également une précaution à prendre, surtout en camping ou en voyage lorsque les soins d’urgence sont éloignés.

Quelques mesures peuvent être prises pour s’assurer de l’efficacité du médicament : vérifier la date de péremption régulièrement, s’assurer qu’il s’agit de la bonne dose par rapport au poids de l’enfant et s’assurer de bien maîtriser la technique d’injection à l’aide d’un auto-injecteur de pratique.

Dans certains cas, une deuxième dose d’épinéphrine sera nécessaire. Si les symptômes ne s’améliorent pas et que la réaction persiste ou s’aggrave à la suite de la première injection, il est recommandé d’administrer une deuxième dose après 15 minutes.

 

Réf : Jarvinen KM, Sichere SH, Sampson HA, Nowak-Wegrzyn A. Use of Multiple Doses of Epinephrine in Food-Induced Anaphylaxis in Children. JACI 2008.


Les MetsSAGES – vol. 18, no 3 – automne 2008

Lorsqu’une seule dose ne suffit pas… Marie-France Beauchesne, pharmacienne à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et Professeure agrégée de clinique à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal en collaboration avec Julie Leclerc, étudiante en nutrition, et Chantal de Montigny, Dt.P. Allergies Québec

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