Nouvelles

Poivron Allergies Québec

La vitamine D pourrait-elle être associée au développement des allergies alimentaires?

Publié dans : Categorie

15 décembre 2015

Engagez-vous dans notre communauté et partagez cet article

Inscrivez-vous à l'infolettre

En vous inscrivant à notre Infolettre, vous recevrez une publication mensuelle sur le thème des allergies alimentaires. Recettes, témoignages, articles d'actualité, information à jour et beaucoup plus vous seront communiqués douze fois par année. Les adresses courriel ne seront pas partagées et seront utilisées uniquement par notre association.


La vitamine D pourrait-elle être associée au développement des allergies alimentaires?

Par Katia Vermette, rédactrice

La vitamine D, ou « vitamine soleil », est une hormone produite lors de l’exposition de notre peau au soleil. Elle est impliquée dans plusieurs processus physiologiques, notamment en ce qui concerne la santé des os et des dents. Au cours des dernières années, il a été démontré qu’elle jouait également un rôle important dans le bon fonctionnement du système immunitaire. On peut donc penser que si nous manquons de vitamine D, nos défenses immunitaires pourraient en être affectées. Ainsi, existerait-il un lien entre un faible apport en vitamine D (qui se traduit par une concentration sanguine plus faible) et l’augmentation du risque de développer une allergie alimentaire? Voici où en sont pour le moment les connaissances sur le sujet.

Ce n’est pas d’hier que les chercheurs s’intéressent à la relation existant entre le bon fonctionnement du système immunitaire et le taux sanguin de vitamine D. Déjà dans les années 1930, Rappaport et ses collègues observaient une amélioration des symptômes d’allergie saisonnière chez les patients lorsqu’on leur administrait un supplément de vitamine D [1].   

Plus récemment en 2007, Camargo et ses collaborateurs ont étudié les admissions liées à des réactions allergiques chez les enfants dans les hôpitaux des États-Unis [2]. Ils ont constaté un plus grand nombre d’admissions dans les états situés au nord du pays par rapport à ceux au sud. Le nombre d’ordonnances pour des auto-injecteurs d’épinéphrine était également plus important dans les états du nord [2]. Les auteurs mentionnent le lien possible entre ces résultats et la faible concentration sanguine de vitamine D chez les Américains vivant au nord du pays qui sont moins exposés au soleil.

Pour faire suite à ces résultats, Allen et ses collaborateurs ont voulu déterminer le rôle de la vitamine D dans le développement de l’allergie alimentaire [3]. Parmi les quelque 5 000 enfants australiens inclus dans l’étude et sensibilisés à un allergène alimentaire, ceux qui présentaient une faible concentration sanguine de vitamine D étaient six fois plus susceptibles de développer une allergie qu’une tolérance à un aliment donné. Mais quelle concentration de vitamine D pouvait bien être associée à une augmentation du risque de développer une allergie? Ji Hyeon Baek et ses collaborateurs se sont penchés sur la question.

Les chercheurs ont mesuré la concentration sanguine de vitamine D chez des enfants sensibilisés ou non à un aliment [4]. Un individu sensibilisé sera entré en contact avec un allergène et aura produit des anticorps spécifiques, sans nécessairement présenter de symptômes allergiques. Avant de vous présenter les résultats, il faut savoir que la concentration sanguine de 25(OH)D, soit la principale forme de vitamine D circulant dans l’organisme, devrait se situer entre 75 et 100 nmol/ml [1, 5]. Les chercheurs ont mesuré, chez les enfants non sensibilisés à un aliment, une concentration de vitamine D avoisinant la normale (concentration médiane de 65,4 nmol/mL). Par contre, la concentration diminuait chez les enfants sensibilisés à un seul aliment, pour atteindre une concentration médiane de 56,6 nmol/ml. La différence était cependant marquée chez les enfants polysensibilisés (sensibilisés à plusieurs aliments), qui montraient une concentration médiane de 36,2 nmol/ml, soit nettement sous la normale de 75 à 100 nmol/ml.

Même s’il est trop tôt pour conclure à un lien de cause à effet, ces résultats nous poussent à croire qu’une concentration sanguine normale de vitamine D pourrait protéger un individu du développement d’une allergie alimentaire. Mais par quels mécanismes cela est-il possible?

Il a été démontré que pratiquement toutes les cellules du système immunitaire présentent des récepteurs pour la vitamine D, ce qui nous laisse croire qu’elle y joue un rôle essentiel [3]. Par exemple, la vitamine D contribue au maintien de l’intégrité de la peau. De cette manière, une faible concentration sanguine de vitamine D pourrait modifier la perméabilité de la peau et favoriser le passage des allergènes jusqu’aux muqueuses, augmentant ainsi le risque de sensibilisation et le développement d’une allergie [1, 4].

Il a également été démontré que la vitamine D participe à la production de plusieurs cellules immunitaires (ex. : cytokines et macrophages) et à l’équilibre des réponses immunitaires Th1 et Th2 [1, 4, 5]. Rappelons-nous qu’un déséquilibre Th1/Th2 prédisposerait un individu au développement de maladies allergiques [6]. Ainsi, il est plausible qu’une faible concentration de vitamine D chez un individu vienne perturber le bon fonctionnement du système immunitaire et ainsi augmenter son risque de développer une allergie alimentaire.

Les données présentées, ici, tendent à confirmer un lien entre la concentration sanguine de vitamine D et l’allergie alimentaire. Il ne reste qu’à attendre que le mystère du développement de l’allergie alimentaire soit élucidé pour en avoir le cœur net!

[1] Mirzakhani H. et coll. Vitamin D and the development of allergic disease: how important is it? Clin Exp Allergy, Janvier 2015;45(1):114-25.

[2] Camargo C. A. et coll. Regional differences in EpiPen prescriptions in the United States : the potential role of vitamin D. J Allergy Clin Immunol, 2007;120:131-6.

[3] Allen K et coll. Vitamin D insufficiency is associated with challenge-proven food allergy in infants. J Allergy Clin Immunol, Avril 2013;131(4):1109-16.

[4] Ji Hyeon Baek et coll. The link between serum vitamin D level, sensitization to food allergens, and the severity of atopic dermatitis in infancy. J Pediatr, Octobre 2014;165(4):849-54.

[5] Taback S et Simons E. Anaphylaxis and vitamin D: a role for the sunshine hormone? J Allergy Clin Immunol, Juillet 2007;120(1):128-30.

[6] Okada H et coll. The "hygiene hypothesis" for autoimmune and allergic diseases: an update. Clin Exp Immunol, Avril 2010;160(1):1-9.

Partagez cet article:

© 2014 Allergies Québec. Tous droits réservés.

Site web et stratégie #ByHoffman et Substance Stratégies