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Distinguer les allergies induites ou non par les IgE

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16 janvier 2019

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Par Katia Vermette

Avez-vous déjà entendu ce jargon médical utilisé pour distinguer deux des familles d’allergies alimentaires? Voici en quoi elles consistent et comment les différencier.

Quand on parle d’allergies alimentaires, on fait souvent référence à une réaction sévère pouvant mener à l’anaphylaxie. Pourtant, il existe une multitude des conditions allergiques qui, même si elles ne requièrent pas toutes l’administration d’épinéphrine, peuvent grandement affecter la santé et la qualité de vie.

On sait que l’allergie alimentaire se caractérise par une réaction exagérée du système immunitaire à la présence d’une protéine normalement tolérée par l’organisme. Dans la plupart des cas, la réaction fera intervenir les immunoglobulines E, communément appelées IgE. On parlera alors d’une allergie induite par les IgE (ou une allergie IgE-médiée).

Or, il existe aussi des réactions qui font intervenir d’autres composantes du système immunitaire, que l’on classe dans la catégorie des allergies non induites par les IgE (allergie non IgE-médiée).

L’allergie induite par les IgE

Il s’agit de la forme d’allergies la plus fréquemment observée dans la population. La réaction se déclenche à la suite de la reconnaissance de protéines alimentaires spécifiques (arachides, lait, noix, etc.) par les IgE. S’ensuit la libération de médiateurs chimiques (ex. : histamines, leucotriènes, etc.) qui provoquent l’apparition des symptômes allergiques. L’anaphylaxie, l’urticaire de contact et le syndrome de l’allergie orale figurent dans la catégorie des allergies induites par les IgE.

L’une des caractéristiques de l’allergie induite par les IgE est l’apparition immédiate des symptômes dans les minutes ou les heures qui suivent l’ingestion de l’aliment allergène. La réaction peut être sévère, voire mortelle, et affecter plusieurs systèmes du corps (ex. : respiratoire, digestif, circulatoire, etc.). Pour cette raison, l’administration d’épinéphrine est souvent nécessaire au soulagement des symptômes.

L’allergie non induite par les IgE

De son côté, l’allergie non induite par les IgE se caractérise par des symptômes généralement localisés au niveau du système digestif, qui apparaissent plus tardivement, c’est-à-dire dans les heures ou les jours suivant l’ingestion de l’aliment allergène. On parle par exemple de vomissements en jet et de diarrhées persistantes, parfois sanguinolentes. Le syndrome de l’entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA), la proctocolite allergique, l’entéropathie induite par les protéines alimentaires et la maladie cœliaque se classent parmi les allergies non induites par les IgE qui affectent le système digestif[i]. Il est à noter que certaines maladies allergiques non induites par les IgE peuvent affecter la peau (ex. : dermatite de contact allergique).

Comme son nom l’indique, ce type d’allergie n’impliquerait pas directement les IgE. On croit plutôt que la réaction serait due à un fonctionnement anormal des lymphocytes T[ii]. Toutefois, très peu d’études se sont penchées sur le sujet, notamment en raison des difficultés qu’ont les médecins à poser un diagnostic précis pour ce type d’allergies.

Pour en savoir plus sur le SEIPA, cliquez ici.

Est-ce possible de passer d’un type d’allergie à un autre?

Bien que relativement rare, il semblerait néanmoins que ce soit une possibilité.

Prenons l’exemple du SEIPA. Selon les études, on estime entre 4 % et 30 % la proportion d’enfants diagnostiqués avec un SEIPA, une allergie non induite par les IgE, qui présentent ou présenteront dans l’intestin des IgE spécifiques à l’aliment causant le SEIPA[iii]. Il est à noter que la majorité de ces patients ne présenteront pas de réaction systémique, malgré la présence locale de ces IgE.

À l’inverse, on rapportait l’année précédente le cas d’un garçon de 4 ans chez qui une allergie au lait de vache induite par les IgE s’est transformée en SEIPA[iv].

Qu’en est-il de l’allergie de type mixte?

On distingue les allergies IgE-médiées et non IgE-médiée. Mais il existe aussi des pathologies qui combinent les deux types de réactions[v]. On parle par exemple de la dermatite atopique, de l’œsophagite à éosinophiles et de la gastroentérite à éosinophiles, des pathologies dont l’apparition des symptômes serait retardée et dont l’évolution serait parfois chronique. 


Le test de provocation orale semble être l’outil le plus utilisé pour établir le diagnostic d’une allergie induite par les IgE et des conditions allergiques non induites par les IgE. Il faut cependant savoir que peu de recherches ont été menées sur les maladies non induites par les IgE, ce qui fait que les recommandations en ce qui concerne leur diagnostic ne sont pas clairement définies. Ainsi, si vous soupçonnez votre enfant de présenter l’une de ces conditions, la meilleure approche à adopter est de consulter son médecin de famille ou un allergologue.

Pour aller plus loin :

 

[i] Nowak-Wegrzyn, A. et coll. Non-IgE-mediated gastrointestinal food allergy. Journal of Allergy & Clinical Immunology, 135:1114-24.

[iii] Nowak-Wegrzyn, A. et coll. Non-IgE-mediated gastrointestinal food allergy. Journal of Allergy & Clinical Immunology, 135:1114-24.

[iv] Banzato, C. et coll. (2013). Unusual shift from IgE-mediated milk allergy to food protein-induced enterocolitis syndrome. European annals of Allergy and Clinical Immunology, 45(6):209-11.

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