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Traitement de l’allergie alimentaire : 5 questions de type « vrai ou faux » sur l’immunothérapie

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4 février 2019

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Par Katia Vermette

Connaissez-vous l’immunothérapie? Testez vos connaissances ici!

Elle est d’actualité, elle soulève beaucoup de questions et fait l’objet de nombreuses recherches. L’immunothérapie a-t-elle des secrets pour vous?

 

1.       L’immunothérapie est utilisée dans le traitement des allergies alimentaires.

Vrai. Comme son nom l’indique, l’immunothérapie est un traitement (thérapie) ciblant le système immunitaire (immuno). Elle consiste à provoquer ou à augmenter l’immunité d’un individu en l’exposant à des substances auxquelles il est allergique. On connaît aussi le processus sous le terme désensibilisation.

En présence d’allergies alimentaires, l’immunothérapie permettra donc d’augmenter le niveau de tolérance d’une personne à un ou à plusieurs allergènes. Elle a pour objectifs de protéger l’individu en cas de contact accidentel et de lui permettre de réintégrer les aliments contenant ces allergènes dans sa diète.  

Saviez-vous que l’immunothérapie est également utilisée dans le traitement d’autres pathologies? Eh oui! On se sert notamment de l’immunothérapie pour traiter le rhume des foins. On peut également avoir recours à cette thérapie biologique pour aider à combattre le cancer. Dans ce cas, le traitement permettra de renforcer le système immunitaire et l’aidera à trouver plus facilement les cellules cancéreuses pour mieux les combattre. L’immunothérapie est également employée pour d’autres maladies affectant le système immunitaire, par exemple la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde.

 

2.       Il existe plusieurs types d’immunothérapie.

Vrai. Voici celles que l’on connaît dans le traitement de l’allergie alimentaire :

  • L’immunothérapie par voie orale. Elle consiste à exposer quotidiennement une personne allergique à de petites quantités d’allergènes par la bouche, quantités qui seront progressivement augmentées sur une période de plusieurs semaines, soit jusqu’à l’atteinte d’une dose d’entretien[1].
  • L’immunothérapie sublinguale. Elle consiste à déposer sous la langue une goutte d’un liquide contenant une petite quantité d’allergènes, laquelle sera augmentée progressivement pour induire un état de tolérance.
  • L’immunothérapie par voie cutanée. Ce type d’immunothérapie utilise la peau comme vecteur pour induire une tolérance à un aliment. L’approche consiste à appliquer chaque jour sur la peau un timbre contenant l’allergène. Une fois libéré du timbre, l’allergène traverse la peau et se rend jusqu’au système immunitaire pour induire éventuellement une tolérance.

Il faut cependant savoir que l’immunothérapie fait toujours l’objet d’études cliniques et n’est pas encore accessible à grande échelle. On notera que l’immunothérapie par voie orale est aujourd’hui offerte à la Clinique d’immunothérapie orale (CITO) du CHU Sainte-Justine et à la Division d’allergie et d’immunologie clinique de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

  

3.       L’immunothérapie fonctionne à tout coup.

Faux. Même si l’on parle d’un taux de réussite assez élevé, l’immunothérapie ne fonctionne pas chez tous les patients. On parle grosso modo d’un taux de succès (atteinte d’un état de tolérance à la fin du traitement) de 80 % à 90 % pour l’immunothérapie par voie orale[1], de 80 % à 85 % pour l’immunothérapie sublinguale[2], et de 40 % à 80 % pour l’immunothérapie par voie cutanée[3].

 

4.       L’immunothérapie est sécuritaire.

Vrai. Si l’on se fie aux données disponibles, la plupart des réactions survenant pendant une immunothérapie sont d’intensité légère ou modérée, et ne nécessitent pas l’administration d’épinéphrine. En ce qui concerne l’immunothérapie orale et sublinguale, les réactions les plus fréquentent incluent les démangeaisons et les troubles gastriques[4][5]. Pour ce qui est de l’immunothérapie par voie cutanée, les réactions s’observent le plus souvent au site d’application du timbre et incluent des démangeaisons, de la rougeur et une enflure[6].

Cela dit, l’immunothérapie n’est pas dépourvue de risques. On estime en effet qu’au cours d’un processus d’immunothérapie par voie orale, entre 2 et 5 % des patients présenteront une réaction allergique qui nécessitera l’administration d’épinéphrine[7]. Comme l’expliquait le docteur Philippe Bégin en entrevue avec Allergies Québec :

« Évidemment, le contexte dans lequel la médication d’urgence est administrée [lors d’un processus d’immunothérapie] n’est pas le même que lors d’une réaction anaphylactique par contact accidentel. En effet, la dose d’allergène est prise à la maison en compagnie des parents, le plan d’action — établi au départ — est suivi, et on a accès à une ligne de soutien au besoin. Bref, il s’agit d’un environnement relativement contrôlé. »

Ainsi, en cas de réaction anaphylactique, l’intervention est rapide, ce qui limite le risque. 

 

5.       L’immunothérapie permet de guérir l’allergie alimentaire, une bonne fois pour toutes!

Faux. En fait, lorsqu’elle est réussie, la désensibilisation à un allergène permet d’induire un état de tolérance faisant en sorte que la personne ne réagira plus à son allergène. Mais dans bien des cas, cette tolérance sera tributaire de la consommation régulière de l’allergène dans le temps. C’est du moins le cas pour l’immunothérapie orale, pour laquelle les taux de tolérance après que la personne désensibilisée ait cessé de consommer l’allergène pendant quelques semaines se situent sous la barre du 40 %, et ce, pour de nombreuses études[8].

 

Pour aller plus loin


[1] La dose d’entretien correspond à une quantité d’allergène (ex. : trois arachides, ½ tasse de lait, 1 œuf, etc.) qui devra être consommée chaque jour par la personne ayant complété un processus d’immunothérapie orale afin de maintenir une tolérance à cet allergène.


[3] Lanser, B. J., Leung, D. Y. M. (2018). The current state of epicutaneous immunotherapy for food allergy: A comprehensive review. Clinical Reviews in Allergy & Immunology, 55(2):153-161.

[5] Moral, A. et coll. (2016). Adverse reactions and tolerability of high-dose sublingual allergen immunotherapy. Journal of Asthma & Allergy, 9:129-133.

[6] Lanser, B. J., Leung, D. Y. M. (2018). The current state of epicutaneous immunotherapy for food allergy: A comprehensive review. Clinical Reviews in Allergy & Immunology, 55(2):153-161.

[8] Bégin, P., Chinthrajah, R. S. et Nadeau, K. C. (2014). Oral immunotherapy for the treatment of food allergy. Human Vaccine & Immunotherapeutics, 10(8):2295-2302.

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