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Connaissez-vous le syndrome de l'allergie orale ?

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23 juin 2015

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Connaissez-vous le syndrome de l’allergie orale?

Par Katia Vermette, rédactrice

Le printemps est finalement des nôtres et, avec lui, arrivent le soleil, la chaleur... et le pollen. Mais cette année, en plus des symptômes traditionnels du rhume des foins, vous remarquez des fourmillements et démangeaisons au niveau de vos lèvres et à l’intérieur de votre bouche lorsque vous mangez certains fruits et légumes. Il s’agit probablement du syndrome de l’allergie orale, un trouble affectant entre 23 % et 76 % des personnes souffrant de rhinite allergique[1]. Vous faites partie des statistiques? Voici quelques informations intéressantes qui vous permettront d’approfondir vos connaissances sur le sujet.

1.       Le syndrome de l’allergie orale est une forme d’allergie croisée.

Comme vous le savez, le syndrome de l’allergie orale apparaît chez certaines personnes souffrant de rhinite allergique après avoir consommé certains aliments, la plupart du temps des fruits et des légumes frais, des noix ou des épices. Ces individus ont d’abord été sensibilisés aux protéines du pollen via les voies respiratoires. En saison allergique, ils montrent donc de symptômes spécifiques au rhume des foins (ex. : écoulement nasal, yeux rouges, etc.). Or, certaines protéines alimentaires adoptent une structure semblable à celles des pollens et, lorsqu’elles sont consommées, provoquent la libération de médiateurs chimiques au niveau de la bouche. C’est pourquoi on considère le syndrome de l’allergie orale comme une forme d’allergie croisée.

2.       L’allergie au bouleau est la plus souvent en cause dans les cas de syndrome d’allergie orale.

On estime en effet qu’entre 50 % et 70 % des personnes allergiques au pollen de bouleau développeront une allergie croisée à au moins un aliment, par exemple la pomme, la pêche, la poire et le céleri[2]. Les protéines en cause dans cette allergie adoptent une structure similaire à Bet v 1, l’allergène provoquant la sensibilisation initiale au pollen de bouleau4. Il est à noter que la présence de rhinite allergique est pratiquement toujours antérieure au développement d’un syndrome de l’allergie orale[3]. En cliquant ici, vous trouverez un tableau représentant les associations pollen-aliment les plus fréquemment rencontrées en ce qui concerne le syndrome de l’allergie orale.

3.       Le syndrome de l’allergie orale provoque des symptômes relativement bénins qui se limitent la plupart du temps à la cavité orale.

À l’instar de l’allergie alimentaire, le syndrome de l’allergie orale est médié par les IgE. Mais alors que les protéines associées aux allergies alimentaires sont résistantes à la chaleur et à la digestion, celles que l’on associe au syndrome de l’allergie orale y sont sensibles. Ainsi, lorsque les aliments provoquant le syndrome sont consommés, les protéines sont rapidement scindées par les sucs gastriques, ce qui diminue considérablement leur potentiel allergène. Pour cette raison, le syndrome de l’allergie orale est surtout associé à des réactions localisées au niveau de la cavité buccale (ex. : démangeaisons au niveau de la bouche, enflure de la langue et du palais, sensation de serrement dans la gorge)[4]. Notez que la cuisson des aliments est souvent suffisante pour éviter les réactions allergiques chez les individus touchés par le syndrome de l’allergie orale.

4.       Il existe un risque que le syndrome de l’allergie orale soit associé à une réaction allergique systémique et potentiellement sévère.

On estime que le syndrome de l’allergie orale provoquerait des réactions systémiques dans moins de 10 % des cas, alors que le risque d’anaphylaxie avoisinerait les 1,7 %[5]. Ce phénomène peut être expliqué entre autres par le fait que certaines protéines associées au syndrome de l’allergie orale montrent une résistance à la chaleur et à la digestion. C’est le cas notamment d’Api g 1, une protéine allergène du céleri dont la structure s’apparente à celle de Bet v 1 (bouleau). Le potentiel allergène d’Api g 1 n’étant que très peu modifié par la cuisson et la digestion, le céleri est donc associé à un risque accru de réactions systémiques4. Il en est de même pour les pêches, les noix, les arachides et la moutarde, pour ne nommer que ces aliments[6].

En terminant, voici quelques faits intéressants sur le syndrome de l’allergie orale :

  • Bien que l’on puisse observer une augmentation des symptômes pendant la saison des pollens, les personnes présentant un syndrome de l’allergie orale réagiront généralement aux aliments allergènes pendant toute l’année.
  • Le fait de boire de l’alcool, de faire de l’exercice physique et de consommer l’aliment allergène en grande quantité pourrait contribuer à augmenter les symptômes associés au syndrome de l’allergie orale. 
  • Dépendamment de vos symptômes et des aliments provoquant chez vous un syndrome de l’allergie orale, votre médecin pourrait vous prescrire un auto-injecteur d’épinéphrine.

Bon été!


[1] Sicherer S. H.- Clinical implications of cross-reactive food allergens. J Allergy Clin Immunol. Décembre 2001, 108:881-90.

[2] Sussman G., Sussman A. et Sussman D. Le syndrome de l’allergie orale. JAMC, mars-avril 2011.

[3] Yagami T. Allergies to cross-reactive plan proteins. Int Arch Allergy Immunol, 2002, 128:271-79.

[4] Kondo Y. et Urisu A. Oral allergy syndrome. Allergology international, 2009, 58(4):485-91.

[5] Nguyen M. Le syndrome de l’allergie orale - le voyage d’Aphrodite, côté jardin. Le médecin du Québec, 2009, 44(5):47-50.

[6] Association des allergologues et immunologues du Québec. Le syndrome pollen-aliment. http://www.allerg.qc.ca/Information_allergique/3_2_pollen_aliment.html (consulté le 2 juin 2015).

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