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Des témoignages pour sensibiliser

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À l’occasion du Mois de la sensibilisation aux allergies alimentaires, Allergies Québec donne la parole aux personnes dont le quotidien est affecté par leur allergie alimentaire ou celle des membres de leur entourage. 

Nous vous présentons Mylène, qui connaît bien la réalité des allergies alimentaires, étant elle-même à risque d’anaphylaxie. Dans ce témoignage, elle met en lumière les limites des politiques d’interdiction des allergènes ainsi que la désinformation entourant leur gestion adéquate. En effet, dans plusieurs milieux, ces questions peuvent engendrer des préjugés et des conflits évitables.

Je m’appelle Mylène et j’aimerais partager mon expérience avec les allergies alimentaires.

Tout d’abord, un peu de contexte, je compose depuis l’enfance avec des allergies de type anaphylactique au poisson et au lait. 

Ainsi, avant la naissance de ma fille, j’ai consulté mon allergologue, qui m’a recommandé l’introduction précoce de plusieurs allergènes dans son alimentation, dans le but de réduire son risque de développer des allergies.

Notre défi a commencé à son entrée en garderie. Malgré l’absence d’allergies alimentaires chez les enfants, l’endroit avait une politique sans noix ni arachides…

À l’entrée de ma fille en maternelle, nous avons reçu la même directive pour ses lunchs : aucune noix, aucune arachide. Or, ma fille compose avec de nombreuses rigidités alimentaires*, et les arachides figuraient parmi ses aliments tolérés. De plus, étant moi-même allergique au lait de vache et intolérante au soya, j’utilisais le lait d’amande pour cuisiner… toutefois, il était lui aussi interdit à son école.

Au fil des années, elle a eu des camarades de classe avec des allergies de type anaphylactique au lait et aux œufs, mais jamais aux noix ni aux arachides. Lorsque je questionnais l’école sur leur politique d’interdiction des arachides et des noix, on m’expliquait que ces aliments étaient dangereux et qu’il fallait absolument les éviter si on ne voulait pas que les enfants y « deviennent allergiques ».

Jamais l’école n’a pu m’expliquer, de façon logique, pourquoi cette interdiction persistait en l’absence d’enfants allergiques, ni pourquoi aucune restriction équivalente n’était mise en place pour les élèves à risque d’anaphylaxie aux œufs ou au lait. C’est comme si on considérait moins sérieuse une anaphylaxie due à autre chose que les arachides et les noix.

À mon avis, il serait important d’éduquer les milieux scolaires sur les allergies, afin que tous comprennent mieux ce que sont les allergènes.

Restreindre l’exposition aux arachides et aux noix ne prévient pas les allergies alimentaires, mais sert plutôt à éviter des réactions chez les enfants déjà allergiques. Tous doivent comprendre que l’anaphylaxie reste une anaphylaxie, peu importe l’aliment en cause.

Je passe souvent pour une personne « dérangeante » qui essaie d’introduire des arachides à l’école. On a même humilié ma fille en pleine salle de dîner en fouillant sa boîte à lunch pour s’assurer que je n’avais pas caché d’arachides dans sa nourriture. Pourtant, étant moi-même allergique et par respect, je n’ai jamais osé transgresser la règle en place, alors que d’autres se le permettent. À mon avis, les mesures dans les écoles devraient être adaptées aux élèves, et non pas imposées sans raison valable.

Reste que tout doit passer par l’éducation. Encore cette année, on m’a expliqué à quel point les arachides sont dangereuses dans une école primaire, qu’elles pourraient « causer » des allergies chez les enfants et qu’on voulait éviter d’en créer inutilement. Au travail, je constate que la plupart des gens ne comprennent pas mieux le fonctionnement de l’exposition aux allergènes. Je me suis fait pointer du doigt lorsque j’ai apporté du beurre d’arachide au bureau, puisqu’une collègue (que je ne croise jamais) a un enfant allergique à la maison.

S’il vous plaît, éduquez les intervenants scolaires et les parents.

Mylène

* Les rigidités alimentaires se définissent comme une sélectivité extrême et un refus rigide de modifier ses habitudes alimentaires, souvent basés sur la texture, la couleur, la marque ou la présentation des aliments. Associées à l’anxiété et fréquemment observées dans le TSA (trouble du spectre de l’autisme), elles peuvent mener à l’ARFID (trouble de l’alimentation évitante/restrictive).

 

Allergies Québec remercie sincèrement Mylène d’avoir partagé son point de vue et son vécu avec nous.

N’hésitez pas à partager l’article ou nous écrire pour nous faire part de votre expérience en matière d’allergies alimentaires.

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