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Quels sont les facteurs qui influencent la marche atopique?

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4 février 2019

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Par Katia Vermette

Au cours des dernières années, on a identifié plusieurs facteurs qui favoriseraient ou préviendraient la marche atopique. Sauriez-vous les identifier?

On définit la marche atopique comme la progression de l’atopie vers le développement d’une maladie allergique telle que la rhinite allergique, l’asthme ou l’allergie alimentaire. Voici quelques-uns des facteurs qui auraient le potentiel d’influencer son évolution.

L’eczéma : facteur de risque

L’eczéma, aussi connu sous le terme de dermatite atopique, se veut la première étape de la marche atopique menant au développement de maladies allergiques. Il constitue donc un facteur de risque à la progression de la marche atopique.

Pourquoi?

Parce que l’inflammation qu’il provoque entraîne la rupture de l’intégrité de la peau. Ainsi, l’eczéma favoriserait le passage des allergènes au travers de la barrière cutanée et, par le fait même, la sensibilisation de l’individu à ces allergènes[1]. C’est ce que l’on appelle la sensibilisation épicutanée.

Fait intéressant : plus l’eczéma apparaît tôt dans la vie du nourrisson, soit dès les premiers mois de vie, plus le risque de développer une maladie allergique serait élevé[2].

La pollution atmosphérique : facteur de risque

Le fait de vivre dans une grande ville et d’être exposé sur une base quotidienne à la pollution atmosphérique favoriserait le développement de l’atopie chez les jeunes enfants. C’est du moins ce qu’ont démontré des chercheurs canadiens en 2015.

Ces chercheurs ont examiné l’association entre la concentration dans l’air de NO2, un polluant atmosphérique, et la présence d’atopie à l’âge d’un an chez près de 2 500 enfants habitant les villes de Toronto, Vancouver, Edmonton et Winnipeg. Leurs conclusions : l’exposition au NO2 pendant la première année de vie était associée à un taux plus élevé d’atopie lorsque l’enfant atteignait l’âge d’un an.

La prise d’antiacides pendant la grossesse : facteur de risque

Il semblerait que la prise d’antiacides par la mère pendant la grossesse augmente le risque pour l’enfant à naître de développer de l’asthme. [3]. L’hypothèse avancée veut qu’en neutralisant l’acide gastrique, les antiacides empêchent la digestion efficace des protéines allergènes dans l’estomac de la mère. Ce faisant, les allergènes pourraient traverser le placenta et provoquer une sensibilisation chez le fœtus, augmentant par le fait même le risque d’atopie et le développement de maladies allergiques. Des recherches plus poussées seront cependant nécessaires pour confirmer cette éventualité.

La composition de la flore intestinale : facteur de risque et de protection

La flore intestinale se construit au cours des premiers mois de vie d’un individu. C’est à ce moment que l’intestin est colonisé par différents types de bactéries, bonnes ou mauvaises. Le risque de sensibilisation à un allergène variera donc en fonction des types et de la diversité des bactéries qui éliront domicile dans l’intestin de l’enfant.

Il reste encore énormément de recherche à faire sur la flore intestinale afin de connaître les espèces bactériennes qui influencent la marche atopique. Des pistes de réponse sont cependant amenées par certaines études :

  • En 2012, des chercheurs ont observé une faible diversité microbienne au niveau de la flore intestinale d’enfants âgés d’un mois qui ont ultérieurement reçu un diagnostic de dermatite atopique[4].
  • Trois années plus tard, des Canadiens ont observé qu’une faible diversité microbienne au niveau de la flore intestinale, combinée à un ratio élevé de bactéries des familles Enterobacteriaceae/Bacteroides chez les jeunes enfants, serait associée à une prévalence plus grande de sensibilisation à des allergènes alimentaires[5].   
  • Certaines espèces bactériennes pourraient influencer le risque de développer un eczéma. Chez les enfants de 18 mois présentant une dermatite atopique par exemple, des chercheurs ont observé une faible diversité de bactéries de la famille Bacteroides, mais une abondance d’autres espèces, notamment de la famille des Clostridium[6].

Il est à noter que plusieurs facteurs semblent influencer la composition de la flore intestinale au cours des premiers mois de vie d’un enfant. En voici quelques-uns :

  • La voie de naissance. Une naissance naturelle, c’est-à-dire par voie vaginale, permettrait au nouveau-né d’être colonisé par les bactéries naturellement présentes dans les flores intestinale et vaginale de sa mère. Sa flore intestinale serait donc plus diversifiée que celle d’un bébé né par césarienne dans un environnement stérile[7].
  • L’alimentation du nouveau-né. Selon toute vraisemblance, les bébés allaités auraient une flore bactérienne moins diversifiée que les bébés nourris avec une préparation commerciale[8]. Cependant, la présence de divers substrats métaboliques dans le lait maternel permettrait aux « bonnes » bactéries de proliférer, ce qui aurait somme toute un effet protecteur sur la marche atopique chez l’enfant allaité.   

Pour en savoir plus sur la flore intestinale, cliquez ici.

Il va sans dire que les facteurs présentés plus haut ne sont pas les seuls à avoir une influence sur la marche atopique. La génétique, le fait d’avoir plusieurs frères et sœurs, d’habiter sur une ferme ou d’avoir des animaux de compagnie à la maison pourraient également entrer en ligne de compte. Bref, la marche atopique et le développement des maladies allergiques sont des phénomènes complexes qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets. 

 


[1] Heratizadeh, A., Wichmann, K., Werfel, T. (2011). Food allergy and atopic dermatitis: How are they connected? Current Allergy and Asthma Reports, 11(4):284-291.

[2] Reynolds, L. A. et Finlay, B. B. (2017). Early life factor that affect allergy development. Nature, 17:518-528

[3] Hak, E. et coll. (2013). Use of acid-suppressive drugs in pregnancy and the risk of childhood asthma: Bidirectional cross-over study using the general practice research database. Drug Safety, 36(11):1097-1104.

[4] Abrahamsson, T. R. et coll. (2012). Low diversity of the gut microbiota in infants with atopic eczema. Journal of Allergy and Clinical Immunology, 129(2): 434-440.

[5] Azad, M. B. et coll. (2015). Infant gut microbiota and food sensitization: associations in the first year of life. Clinical & Experimental Allergy, 45:632-643.

[6]  Nylund, L. et coll. (2013). Microarray analysis reveals marked intestinal microbiota aberrancy in infants having eczema compared to healthy children in at-risk for atopic disease. BMC Microbiology, 13:12

[7] Jakobsson HE et coll. (2014). Decreased gut microbiota diversity, delayed Bacteroidetes colonisation and reduced Th1 responses in infants delivered by caesarean section. Gut, 63(4):559-66.

[8] Azad, M. B. et coll. (2013). Gut microbiota of healthy Canadian infants: profiles by mode of delivery and infant diet at 4 months. Canadian Medical Association Journal, 185(5):385-394.

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