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Accès à l’épinéphrine dans les lieux publics : les Canadiens se prononcent

Par Jeannine Cafaro, parent d’un enfant allergique et bénévole d’Allergies Québec

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Pour les personnes touchées par les allergies alimentaires, se préparer à une situation d’urgence fait partie du quotidien. Cela signifie notamment avoir avec soi plusieurs dispositifs d’épinéphrine et s’assurer que les membres de la famille, le personnel scolaire, les amis et les collègues savent quoi faire en cas de réaction allergique grave.

Mais que se passe-t-il lorsqu’une réaction grave survient dans un lieu public et que l’épinéphrine n’est pas disponible immédiatement?

De nouvelles données publiées par Allergies Alimentaires Canada montrent que les Canadiens souhaitent que les milieux qu’ils fréquentent soient mieux préparés à intervenir en cas d’anaphylaxie. Selon un sondage national mené auprès de plus de 1 500 Canadiens, 83 % sont favorables à ce que des dispositifs d’épinéphrine soient disponibles dans les lieux publics, comme le sont les défibrillateurs externes automatisés (DEA) en cas d’urgence cardiaque.

L’appui à la présence de dispositifs d’épinéphrine dans les lieux publics est particulièrement marqué dans les endroits fréquentés par les enfants et les familles.

Neuf Canadiens sur dix estiment que les écoles devraient être équipées de dispositifs d’épinéphrine afin d’intervenir en situation d’urgence. L’appui est également élevé pour d’autres lieux fréquentés par la population, notamment, les :

  • centres communautaires (79 %)
  • installations sportives (76 %)
  • restaurants (75 %)
  • centres commerciaux (69 %)

Pour les familles qui composent avec les allergies alimentaires, ces résultats sont encourageants. Ils montrent que les Canadiens reconnaissent que l’anaphylaxie peut survenir à l’extérieur du domicile et que l’épinéphrine doit être accessible dans les lieux fréquentés par la population.

Cet appui témoigne également de la reconnaissance que les allergies alimentaires doivent être prises au sérieux, particulièrement à l’école, où les enfants passent une grande partie de leur journée.

La plupart des Canadiens comprennent maintenant que les allergies alimentaires représentent une condition médicale sérieuse… il reste toutefois du travail à faire.

Le sondage révèle que près de quatre Canadiens sur cinq (79 %) reconnaissent les allergies alimentaires comme une condition médicale sérieuse… mais également que près d’un Canadien sur cinq (17 %) ne considère toujours pas les allergies alimentaires comme une condition médicale sérieuse.

Les données montrent par ailleurs un lien entre la perception du caractère sérieux des allergies alimentaires et l’appui à la présence d’épinéphrine dans les lieux publics. Parmi les personnes qui perçoivent les allergies alimentaires comme sérieuses, 88 % sont favorables à ce que des dispositifs d’épinéphrine soient disponibles dans les lieux publics. Cette proportion chute à 67 % chez celles qui ne partagent pas cette perception.

Reconnaître l’anaphylaxie : la première étape

Bien que de nombreux Canadiens reconnaissent que les allergies alimentaires peuvent être sérieuses, ils sont beaucoup moins nombreux à se sentir capables de reconnaître les premiers signes de l’anaphylaxie et de savoir quand une réaction nécessite une intervention immédiate.

Soixante-trois pour cent des répondants estiment qu’ils seraient capables de reconnaître les symptômes d’une réaction allergique grave. Pourtant, seulement 21 % se disent tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle ils sauraient reconnaître une anaphylaxie.

Savoir reconnaître rapidement les premiers signes de l’anaphylaxie est essentiel, puisque cela permet d’administrer l’épinéphrine sans délai, avant que les symptômes ne progressent.

« L’anaphylaxie peut mettre la vie en danger en quelques minutes [1] », explique le Dr Harold Kim, allergologue et immunologue clinicien.

Le Dr Kim souligne également un élément important : « Les personnes qui présentent une réaction grave n’ont pas toutes reçu un diagnostic préalable ou ne disposent pas nécessairement d’un dispositif d’épinéphrine. Pour certaines, une première réaction grave est ce qui leur permet de découvrir qu’elles ont une allergie [1]. »

Sur qui les Canadiens comptent-ils en situation d’urgence?

Le sondage s’est également intéressé à la perception qu’ont les Canadiens des services d’intervention d’urgence.

La plupart des répondants (91 %) croient que les ambulanciers disposent de dispositifs d’épinéphrine, alors qu’ils sont moins nombreux à penser que les autres intervenants d’urgence en ont à leur disposition. Soixante-quatre pour cent croient que les pompiers disposent d’épinéphrine, comparativement à seulement 40 % pour les policiers.

Ces résultats mettent en lumière un possible écart entre ce que les Canadiens croient être disponible en cas d’urgence et les ressources qui le sont réellement.

Au Québec, l’équipement médical requis pour les ambulanciers comprend de l’épinéphrine en dosages régulier et junior.

Toutefois, l’accès à l’épinéphrine chez les autres intervenants d’urgence varie selon les ententes locales de service et les niveaux de formation. À Montréal, par exemple, les pompiers et les policiers qui agissent à titre de premiers répondants disposent d’épinéphrine dans leur équipement d’urgence [2].

Cependant, la majorité des municipalités québécoises doivent compter sur les ambulanciers et les membres de la communauté pour les interventions d’urgence, puisqu’elles ne disposent pas de services de premiers répondants en tant que tels [3].

Le sondage montre que les Canadiens sont conscients que la première personne à intervenir en situation d’urgence n’est pas nécessairement un professionnel de la santé. Si une personne était incapable de s’administrer elle-même de l’épinéphrine, les répondants s’attendraient à ce que l’aide provienne des personnes suivantes :

  • Ambulanciers (70 %)
  • Personnel de l’établissement ou du lieu en question (59 %)
  • Membres de la famille ou amis (57 %)
  • Personnes présentes sur les lieux (36 %)

Ces attentes démontrent l’importance de mieux outiller la population pour reconnaître l’anaphylaxie et savoir comment intervenir.

Mon propre point de vue à ce sujet

En tant que parent d’un enfant vivant avec plusieurs allergies alimentaires, la préparation fait partie de notre quotidien. Nous ne quittons jamais la maison sans deux auto-injecteurs d’épinéphrine. Nous lisons attentivement les étiquettes, posons des questions lorsque nous mangeons à l’extérieur et nous assurons que les personnes qui prennent soin de notre enfant savent quoi faire en cas d’urgence.

C’est une réalité que nous gérons chaque jour, non pas parce que nous voulons que la peur guide nos décisions, mais parce qu’être bien préparés permet à notre enfant de participer pleinement aux activités qui l’entourent.

Rendre l’épinéphrine accessible dans les lieux publics ne remplace pas la préparation individuelle des personnes vivant avec des allergies alimentaires. Il s’agit plutôt d’un filet de sécurité supplémentaire pour faire face aux situations imprévues.

Une réaction allergique grave peut d’ailleurs être le premier signe qu’une personne a une allergie alimentaire.

Malgré toutes les précautions que je prends comme parent pour assurer la sécurité de mon enfant, je sais qu’en grandissant et en devenant plus autonome, il y aura des moments où je ne serai pas à ses côtés. Je ne pourrai pas toujours avoir la certitude que son épinéphrine sera à portée de main si une réaction devait survenir.

C’est pourquoi l’idée de rendre l’épinéphrine plus accessible dans les lieux publics me parle. Ce serait rassurant de savoir que si mon enfant (ou toute autre personne présentant une réaction allergique grave pour la première fois) avait besoin d’aide, un filet de sécurité supplémentaire serait en place dans les toutes premières minutes critiques.

À propos du sondage

Le sondage a été réalisé par Léger pour le compte d’Allergies Alimentaires Canada. Ce sondage en ligne a été mené auprès de 1 521 Canadiens âgés de 18 ans et plus entre le 24 et le 26 avril 2026. Un échantillon probabiliste de même taille comporterait une marge d’erreur de ± 2,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Le contenu de cet article s’appuie sur le communiqué de presse suivant publié par nos collègues chez Allergies Alimentaires Canada : Canadians back wider access to epinephrine in public spaces, survey suggests.

Merci sincèrement à notre bénévole, Jeannine Cafaro, qui a rédigé cet article pour Allergies Québec.

Références

[1] Allergies Alimentaires Canada. (2026, 16 juin). Canadians back wider access to epinephrine in public spaces, survey suggests. Allergies Alimentaires Canada.

[2] Ministère de la Santé et des Services sociaux. (2025). Guide relatif au financement de l’implantation d’un service de premiers répondants : Version 1 – 2025. Gouvernement du Québec.

[3] Labbé, J. (2025, 22 mai). Au Québec, 70 % des municipalités n’ont toujours pas de premiers répondants. Radio-Canada.

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