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Le syndrome d’entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA ou FPIES en anglais)

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26 janvier 2016

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Par Katia Vermette, rédactrice et Hélène Leroux, stagiaire en nutrition

Le SEIPA (FPIES en anglais) se veut une hypersensibilité alimentaire qui se caractérise, comme les autres formes d’allergies, par une réponse anormale du système immunitaire à l’ingestion d’un aliment donné. Le SEIPA se distingue par le fait que la réaction se limite au tractus gastro-intestinal et n’atteint pas d’autres systèmes tels que la peau ou les voies respiratoires [1]. De plus, contrairement à l’allergie alimentaire classique (IgE-médiée), le SEIPA n’entraîne pas de réaction anaphylactique. On diagnostique le syndrome surtout chez les nourrissons, quoique de rares cas aient été rapportés chez des adultes [1].


Présentation du SEIPA

Chez la personne affectée, le SEIPA se manifeste par une inflammation et une augmentation de la perméabilité de la muqueuse de l’intestin [1]. On observera donc des symptômes caractéristiques comme des vomissements répétitifs en jet, de la diarrhée pouvant contenir du sang, un état de léthargie et un risque de déshydratation pouvant mener à un état de choc chez certains patients [2]. Ces symptômes s’estompent lorsque l’aliment en cause cesse d’être consommé.

Selon la présentation et l’âge d’apparition, on distingue deux formes au SEIPA :

·         La forme chronique affecte principalement les nouveau-nés et apparaît rapidement, c’est-à-dire dans les premiers jours de vie [3]. La majorité des cas se développent chez les bébés recevant des préparations maternisées à base de lait de vache ou de soya, mais très rarement chez ceux qui sont allaités. L’allaitement jouerait donc un rôle protecteur [3]. De plus, un SEIPA chronique non pris en charge peut mener à un retard de croissance chez le nourrisson.

·         La forme aiguë s’observe lors de l’introduction des aliments solides, principalement entre le 4e et le 6e mois de vie chez le nourrisson [3]. La réaction peut être provoquée par un ou plusieurs aliments, le plus souvent le lait de vache, le soya, le riz, l’avoine, l’œuf, la volaille et certains légumes. Bien que les aliments en cause correspondent aux premiers solides offerts aux enfants (ex. : céréales enrichies en fer), plusieurs d’entre eux ne sont pas considérés comme typiquement allergènes, ce qui retarde le diagnostic. C’est pourquoi une bonne surveillance, lors de l’introduction des solides, s’avère cruciale.


Prévalence

La prévalence du SEIPA n’est pas encore établie. Par contre, on note des différences dans sa fréquence d’apparition entre les pays où les habitudes alimentaires se distinguent (taux d’allaitement maternel, types de formules maternisées, moment d’introduction des aliments solides, etc.) [3].

 

Évolution du SEIPA dans le temps

Dans la majorité des cas et lorsqu’il est pris en charge, le SEIPA n’entraîne aucune séquelle chez l’enfant et se résorbe de lui-même, la plupart du temps avant l’âge de 3 ans. Toutefois, le syndrome pourrait représenter un facteur de risque pour l’apparition de certaines maladies. Par exemple, on estime que 30 % des enfants présentant un SEIPA développeront une maladie atopique telle que l’eczéma ou l’asthme au cours de leur vie [1].

Traitement [4]

Le seul moyen pour traiter le SEIPA est d’éviter complètement les aliments en cause. Ainsi, la lecture des étiquettes nutritionnelles devient inévitable pour déterminer la présence d’allergènes dans les aliments que l’enfant consomme. Si l’enfant fréquente une garderie, il est important de discuter avec les responsables pour les informer de sa condition médicale.

Pour les nourrissons qui ne sont pas allaités, les spécialistes recommandent des formules maternisées hautement hydrolysées ou à base d’acides aminés, afin de favoriser une résolution complète des symptômes. Rappelons que l’allaitement semble constituer un facteur de protection. En effet, les protéines présentes dans le lait maternel sont déjà transformées en partie par la mère. De plus, leur faible quantité serait insuffisante pour déclencher une réaction chez la plupart des enfants.


Réintroduction des aliments

Les aliments déjà tolérés ne devraient pas être éliminés de la diète de l’enfant. En ce qui concerne les aliments causant des réactions, une réintroduction faite sous supervision médicale est essentielle afin d’éviter des réactions graves et un éventuel état de choc. Pour ce faire, des tests de provocation orale peuvent être pratiqués chaque année en présence d’un médecin pour déterminer le moment où la réintroduction des aliments sera sécuritaire [4].


Le SEIPA et l’allergie médiée par les IgE

On estime qu’entre 18 % et 30 % des personnes atteintes de SEIPA développeront avec le temps une allergie alimentaire classique IgE-médiée pour l’aliment ayant provoqué au départ le syndrome [5]. Pour expliquer ces résultats, on a avancé l’hypothèse que l’inflammation caractéristique de l’intestin dans le cas d’un SEIPA entraînerait l’augmentation de la perméabilité de la muqueuse intestinale. De cette manière, les allergènes peuvent traverser la barrière intestinale, ce qui augmente le risque de sensibilisation

En terminant, rappelons que ce type d’allergie est difficile à diagnostiquer, non seulement à cause des symptômes non spécifiques qui le caractérisent, mais également en raison de l’absence de tests diagnostiques fiables et du manque de connaissances des médecins sur le sujet. C’est donc en partie grâce à l’historique médical que vous fournirez à votre allergologue que ce dernier pourra vous aider. N’hésitez pas à lui donner le plus d’informations possible si vous croyez que votre enfant vit avec un SEIPA.

[1] Nowak-Wegrzyn A. Food protein-induced enterocolitis syndrome and allergic protocolitis. Allergy Asthma Proc. Mai-Juin 2015; 36(3) : 172-84.

[2] Mane S.K., & Bahna S.L., Clinical manifestations of food protein-induced enterocolitis syndrome. Curr Opin Allergy Clin Immunol. Juin 2014; 14(3) 217-21.

[3] Mehr S. et coll. Epidemiology of food protein-induced enterocolitis syndrome. Curr Opin Allergy Clin Immunol. Juin 2014; 14(3) : 208-16.

[4] Jarvinen K.M., Nowak-Wegrzyn A. Food protein-induced enterocolitis syndrome (FPIES): Current management strategies and review of the literature. J Allerg Clin Immunol : In Practice 2013;1:317-22.  

[5] Feuille E. & Nowak-Wegrzyn A. Definition, etiology, and diagnosis of food protein-induced enterocolitis syndrome. Curr Opin Allergy Clin Immunol. Juin 2014; 14(3) : 222-8

 

 

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