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La maladie cœliaque et les sensibilités au gluten

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28 mai 2015

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Pour une certaine partie de la population que l’on dit sensible, la consommation de gluten est loin d’être un plaisir : douleurs abdominales, diarrhées, perte de poids, carences nutritionnelles, asthme, réactions anaphylactiques, éruptions cutanées, troubles neurologiques. Chez ces individus, l’organisme réagit exagérément au gluten et les rend malades. Et, dépendamment de la nature de la réaction du corps, on parlera d’une maladie auto-immune, d’une allergie ou encore d’une sensibilité au gluten non cœliaque. Ce sont ces trois types de désordres liés au gluten qui seront détaillés plus loin. Pour vous aider, vous pourrez vous référer à la plus récente classification des désordres liés au gluten en cliquant ICI (figure 1) ainsi qu’un tableau comparant les différentes pathologies en cliquant ICI (tableau 1).

 

1.    Les maladies auto-immunes déclenchées par le gluten

Chez une personne normale, le système immunitaire travaille à repérer les intrus dans l’organisme et à les éliminer. Ces intrus, ce sont notamment les bactéries pathogènes, les virus et les parasites. Chez la personne atteinte d’une maladie auto-immune cependant, le système immunitaire s’en prend non seulement aux intrus, mais aussi à ses propres tissus qu’il considère comme étrangers. Il s’ensuit donc une destruction des cellules de l’organisme et l’apparition de symptômes plus ou moins spécifiques selon le tissu attaqué.

La maladie cœliaque, la dermatite herpétiforme et l’ataxie au gluten sont toutes des maladies auto-immunes déclenchées par le gluten. Bien qu’elles soient très différentes au niveau des symptômes qui les caractérisent, elles partagent néanmoins certaines particularités. Par exemple, elles conduisent à la production d’anticorps de type IgA, ce qui permet notamment de les différencier des allergies[i]. Autre similarité entre ces trois maladies : elles se développent chez des patients que l’on dit prédisposés génétiquement, c’est-à-dire qui sont porteurs du gène HLA-DQ2 et/ou HLA-DQ81. Dans le cas de la maladie cœliaque par exemple, les porteurs de ces gènes développeront la maladie dans 36 % à 53 % des cas[ii].

Voici quelques caractéristiques propres à chacune des maladies auto-immunes déclenchées par le gluten :

·      Maladie cœliaque : caractérisée par un dysfonctionnement du système immunitaire entraînant une inflammation et une destruction de la paroi intestinale. Ce faisant, l’absorption de certains nutriments est affectée, ce qui augmente les risques de carences nutritionnelles, notamment en fer.

·      Dermatite herpétiforme : considérée comme la manifestation cutanée de la maladie cœliaque. En présence de gluten, des éruptions cutanées sous forme de cloques apparaissent chez la personne atteinte. Ces éruptions s’accompagnent souvent de démangeaisons et d’une sensation de brûlure. La dermatite herpétiforme s’observe généralement de manière symétrique, c’est-à-dire que les deux côtés du corps sont atteints en même temps.

·      Ataxie au gluten : caractérisée par une atteinte neurologique déclenchée par la consommation de gluten. Dans le cas d’une ataxie au gluten, le système immunitaire s’attaque au cervelet, cette partie du cerveau qui contrôle notamment la coordination des mouvements. S’ensuivent donc des troubles de l’équilibre, de la marche et de la parole. En l’absence d’un diagnostic rapide, l’ataxie au gluten peut causer des dommages irréversibles[iii].

L’allergie au blé

On l’observe lorsque le système immunitaire réagit de manière exagérée aux protéines contenues dans le blé. On a recensé quatre grandes présentations cliniques de cette allergie, soit l’allergie alimentaire, l’allergie respiratoire (mieux connu sous le terme « allergie du boulanger »), l’anaphylaxie causée par l’exercice après la consommation de blé et l’urticaire de contact1. Contrairement aux maladies auto-immunes décrites précédemment et qui impliquent la production d’IgA, l’allergie au blé est associée aux anticorps de type IgE.

Les sensibilités au gluten non cœliaques

On s’est rendu compte avec le temps que certains patients qui n’étaient ni allergiques au blé ni cœliaques réagissaient au gluten et présentaient des symptômes similaires. Depuis 2011, on classe officiellement ces patients comme présentant une sensibilité au gluten non cœliaque[iv]. Chez ces individus, la consommation de gluten entraîne l’apparition de symptômes divers, allant des troubles gastro-intestinaux à la fatigue chronique, en passant par les douleurs articulaires et la dépression[v]. À l’instar de la maladie cœliaque, les symptômes disparaissent lorsque le gluten arrête d’être consommé, et réapparaissent lorsqu’il est réintroduit1. Mais contrairement à la maladie cœliaque, les cellules de la muqueuse intestinale ne sont généralement pas atteintes. Il s’agirait plutôt d’une intolérance. Ces sensibilités toucheraient environ 3 % à 6 % de la population[vi].

Bien des recherches seront nécessaires pour cibler avec plus de précision cette nouvelle pathologie qu’est la sensibilité au gluten non cœliaque. En effet, les chercheurs se questionnent à savoir si ce type de sensibilité est provoquée uniquement par le gluten. Certains avancent qu’il pourrait s’agir d’un syndrome du côlon irritable alors que d’autres croient que des composantes du blé différentes du gluten pourraient entrer en ligne de compte[vii],1, 5. 

Quoi qu’il en soit, les désordres liés au gluten sont bien réels et affectent énormément la qualité de vie des individus qui en sont affectés. Dans tous les cas, la diète sans gluten est de mise. Mais attention : l’alimentation sans gluten peut être à l’origine de carences nutritionnelles et ne devrait pas être adoptée sans un diagnostic et un avis médical.

Si vous voulez en apprendre davantage sur le sujet, voici quelques liens intéressants :


[i] Tovoli F. et coll. Clinical and diagnositic aspects of gluten related disorders. World J Clin Cases, 16 mars 2015, 3(3):275-284.

[ii] Fasano A et coll. Genetics of celiac disease. Medscape Reference. http://emedicine.medscape.com/article/1790189-overview (consulté le 5 mai 2015).

[iii] Fondation québécoise de la maladie cœliaque et autres maladies induites par le gluten. Ataxie au gluten. https://www.fqmc.org/maladies/ataxie-au-gluten (consulté le 5 mai 2015).

[iv] Sapone A et coll. Spectrum of gluten-related disorders : consensus on new nomenclature and classification. BMC Med, 2012, 10:13.

[v] Czaja-Bulsa G. Non celiac gluten sensitivity - A new disease with gluten intolerance.

[vi] FQMC

[vii] Gasbarrini G. B. et Mangiola F. Wheat-related disorders: A broad spectrum of 'evolving' diseases. United European Gastroenterol J, 2014, 2(4):254-262.

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