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Anaphylaxie : Quel est le risque lors d’un contact cutané ou par inhalation?

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11 octobre 2018

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L’inhalation d’un allergène et l’anaphylaxie

C’est un fait : en ce qui concerne l’allergie alimentaire, la plupart des réactions sont provoquées par l’ingestion d’un allergène. Pourtant, on rapporte dans la littérature un nombre grandissant de cas où la réaction allergique, parfois anaphylactique, était liée à l’inhalation de protéines allergènes :

  • En Turquie, un garçon de 8 ans a développé une réaction anaphylactique au contact de la vapeur provenant d’une casserole dans laquelle des lentilles avaient été mises à bouillir[i].
  • Un jeune Italien de 8 ans a subi un choc anaphylactique après avoir inhalé des protéines de riz présentes dans l’air lors de la cuisson à la vapeur de l’aliment[ii].

Pour que l’inhalation d’un allergène provoque une réaction allergique, trois conditions doivent être remplies :

1. L’individu a été sensibilité à l’allergène au préalable, c’est-à-dire qu’il a été mis en contact avec ce dernier en le consommant (ingestion), en le respirant (inhalation) ou en lui touchant (contact cutané);
2. L’allergène est présent dans l’air, sous forme d’aérosols;
3. La personne respire l’allergène. 

Mais attention! Le fait de remplir ces trois conditions ne mène pas nécessairement à l’anaphylaxie! Le plus souvent, les symptômes provoqués par l’inhalation de protéines allergènes se limiteront au système respiratoire (ex. : congestion ou écoulement nasal, toux, respiration sifflante, symptômes d’asthme)[iii]. Des réactions cutanées ont également été observées dans certains cas.

 

Lorsque les allergènes se retrouvent dans l’air…

Il est reconnu que la préparation des aliments, incluant leur manipulation et leur cuisson, peut entraîner la mise en suspension dans l’air de protéines allergènes. Mais dans ce cas, la quantité d’allergènes dans l’air est-elle suffisante pour provoquer une réaction allergique?

En 1995, des chercheurs espagnols ont analysé les données relatives à l’allergie au poisson de 197 enfants[iv]. En plus de réagir à l’ingestion de l’aliment, 21 d’entre eux avaient montré des symptômes respiratoires et cutanés après avoir inhalé des protéines de poisson présentes dans l’air. Les réactions étaient majoritairement survenues à la maison, alors qu’un membre de la famille manipulait ou faisait cuire le poisson.

Il est à noter que toutes les personnes allergiques ne réagiront pas en respirant un allergène alimentaire présent en suspension dans l’air. Le risque dépendrait en effet de la sévérité de l’allergie et de la quantité d’allergènes dans l’air[v]. En outre, la réaction se rendrait rarement jusqu’à l’anaphylaxie.

... ou sur la peau

Il est établi que la sensibilisation à un allergène peut survenir à la suite du contact cutané avec un aliment. Le processus serait favorisé par une rupture de l’intégrité de la peau, par exemple en présence d’eczéma, quoiqu’il puisse également se produire sur une peau saine[vi].

En est-il de même pour la réaction allergique?  

Selon toute vraisemblance, il est possible pour une personne allergique de réagir après avoir touché un aliment. Comme pour la sensibilisation, les réactions pourraient survenir en présence ou en l’absence d’eczéma ou d’une autre rupture de l’intégrité de la peau. Cependant, lorsqu’ils se produisent, les symptômes sont le plus souvent locaux, c’est-à-dire qu’ils s’observent au site de contact de l’allergène avec la peau. Quelques cas d’anaphylaxie par contact cutané ont néanmoins été rapportés dans la littérature [i][ii].


[i] Lee, Y.-H. et coll. (2015). A case of anaphylaxis induced by contact with young radish (Raphanus sativus L). Allergy, Asthma & Immunology Research, 7(1):95-97.

[ii] Lee, Y.-H. et coll. (2015). A case of anaphylaxis induced by contact with young radish (Raphanus sativus L). Allergy, Asthma & Immunology Research, 7(1):95-97. 

Des données qui soulèvent des questions

Considérant le risque de réaction allergique par inhalation et par contact cutané, on peut se demander si les personnes allergiques ne gagneraient pas à prendre des mesures supplémentaires pour limiter le risque.

Évidemment, l’évitement strict des allergènes est de mise en tout temps afin d’éviter une ingestion accidentelle. En ce qui concerne les autres voies de contact, le risque devra être étudié plus en profondeur afin d’en arriver à des recommandations claires.

En attendant, le mot d’ordre est la prudence. 

 

À lire aussi :

[i] Ayşenur, K. et coll. (2011). Anaphylaxis induced by lentil inhalation. Asian Pacific Journal of Allergy and Immunology, 30:167-169.

[ii] Fiocchi, A. et coll. (2003). Anaphylaxis to rice inhalation. Journal of Allergy and Clinical Immunology, 111(1):193-195.

[iii] James, J. M. et Fernandez Crespo, J. (2007). Allergic reactions to foods by inhalation. Current Allergy and Asthma Reports, 7:167-174.

[iv] Crespo, J. F. et coll. (1995). Allergic reactions associated with airborne fish particles in IgE-mediated fish hypersensitive patients. Allergy, 50:257-261.

[v] Ramirez Jr, D. A., et Bahna, S. L. (2009). Food hypersensitivity by inhalation. Clinical and Molecular Allergy, 7:4.

[vi] Tordesillas L. et coll. Skin exposure promotes a Th2-dependent sensitization to peanut allergens. J Clin Investigation, 2014;124(11):4965-4975.

[vii] Lee, Y.-H. et coll. (2015). A case of anaphylaxis induced by contact with young radish (Raphanus sativus L). Allergy, Asthma & Immunology Research, 7(1):95-97.

[viii] Lee, Y.-H. et coll. (2015). A case of anaphylaxis induced by contact with young radish (Raphanus sativus L). Allergy, Asthma & Immunology Research, 7(1):95-97.


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