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Avoir un petit-enfant allergique Le témoignage de Francine Yelle

Publié dans : Categorie

31 juillet 2019

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Vous êtes la grand-maman ou le grand-papa d’un enfant allergique et vous désirez vous impliquer auprès de lui ? Allergies Québec a demandé à Francine Yelle, grand-maman d’un enfant allergique aux arachides et au sésame, de nous partager son expérience. Bonne lecture !

Allergies Québec - Comment se déclinent les allergies alimentaires dans votre famille ?

Francine Yelle — Je suis moi-même une personne allergique. Mes enfants et mes petits-enfants ont aussi des allergies ou des intolérances alimentaires. On doit donc composer avec des menus assez spéciaux.

Pour ma part, j’ai deux allergies qui sont assez problématiques. Je suis allergique aux noix et au porc. Pour ce qui est de l’allergie au porc, il s’agit selon mon allergologue d’une allergie croisée avec l’allergie au chat. Elle provoque chez moi des migraines et une importante déshydratation. J’ai aussi un Epipen® pour une allergie sévère aux noix.

Ensuite, mon petit-fils de 9 ans a des allergies alimentaires mortelles aux arachides et au sésame. Tout comme moi, il doit lui aussi traîner en tout temps son Epipen®.

Pour ce qui est des autres membres de la famille, il s’agit plutôt d’intolérances alimentaires. Ils évitent donc de consommer certains aliments qui les rendent malades, par exemple en provoquant des migraines qui peuvent durer jusqu’à 72 heures.

 

AQ — Comment avez-vous vécu l’annonce du diagnostic d’allergie alimentaire de votre petit-fils ?

FY — J’ai eu beaucoup de peine lorsque je l’ai appris. Des intolérances alimentaires qui provoquent des migraines, c’est dur, mais on peut vivre avec. Mais une allergie mortelle, c’est toujours inquiétant. Ma fille me dit souvent : « Je ne me pose pas la question à savoir si une réaction allergique va arriver. Je me demande quand elle va arriver. »

Malgré tout, à maintenant 9 ans, mon petit-fils est très à l’affût, il est au courant de ses allergies alimentaires, il ne mange pas les aliments s’il n’est pas certain qu’ils soient exempts de ses allergènes, il vérifie toujours la liste des ingrédients, il pose des questions. Il est très sensibilisé à ses allergies. C’est donc sécurisant.

 

AQ — Avez-vous mis des choses en place pour assurer la sécurité de votre petit-fils lorsqu’il vient vous visiter ?

FY — Moi et mon conjoint, comme tous les membres de la famille, sommes très sensibilisés aux allergies alimentaires de mon petit-fils. Quand il vient à la maison, c’est une autre dynamique pour nous. Nous sommes à l’affût et faisons très attention. Par exemple, une partie du comptoir est réservée à la préparation des aliments que mangera mon petit-fils. J’ai aussi des ustensiles, de la vaisselle et des planches à découper de couleurs différentes qui lui sont exclusives. Lorsqu’il vient à la maison, je le sais à l’avance, donc le frigidaire et les surfaces sont nettoyés, et le beurre d’arachide est rangé hors de portée. Nous avons aussi toujours des collations sécuritaires à lui donner.

Maintenant que mon petit-fils est plus vieux, c’est plus facile. Lorsqu’il était jeune, tous les aliments qui contenaient ses allergènes étaient rangés en hauteur. On s’est rapidement habitué à les placer très haut pour que, si on a le dos tourné, il soit incapable d’agripper quelque chose de dangereux pour lui. Et on a gardé l’habitude avec le temps. On évite aussi de placer les aliments contenant ses allergènes à côté de quelque chose qu’il aurait le goût de manger. On place par exemple le beurre d’arachide à côté de cannages et non pas de bonbons.

 

AQ — Est-ce compliqué d’ajuster votre menu en tenant compte des allergies et des intolérances alimentaires de tous les membres de votre famille ?

FY — Lorsque je reçois ma famille et celle de mon conjoint, on se trouve à être une vingtaine autour de la table et beaucoup vivent avec des allergies et des intolérances alimentaires. Et je réussis à ne rendre personne malade !

En plus des noix, des arachides et du sésame, je dois éliminer du menu le porc, les poivrons, l’ail, les sulfites, les oranges, la menthe, le gluten, le lactose et les boissons alcoolisées chaudes comme ingrédient dans une recette (par exemple le vin dans une sauce). Chez nous, lorsqu’on fait à manger, on le fait à partir des aliments de base et on évite le plus possible les produits transformés. Il n’y a à peu près rien de préparé à l’avance dans nos menus.

Avec le temps, on développe des trucs. Lorsque je reçois toute la famille, mon petit-fils mange à la même table que nous. Le menu doit donc être adapté. Lorsque c’est possible, je vais remplacer les aliments à risque par d’autres qui sont sécuritaires, par exemple une purée de pommes de terre devient une purée de chou-fleur. Si je dois mettre quelque chose sur la table qui contient un allergène, je prends soin d’identifier le plat avec une étiquette. Chacun sait donc ce qui est sécuritaire pour lui ou elle. Je fais aussi attention à la contamination croisée. On s’ajuste. Et en plus, ça nous fait découvrir de nouvelles façons de cuisiner !

 

AQ — Quel est votre plus grand défi par rapport au fait d’avoir un petit-fils allergique ?

FY — Le plus grand défi, c’est lorsqu’on sort de la maison. À la maison, c’est facile parce qu’on a pris les dispositions qu’il fallait pour assurer la sécurité de mon petit-fils. Mais à l’extérieur, c’est autre chose. Je vous donne l’exemple de la dernière sortie qu’on a fait au planétarium. Mon petit-fils avait faim et nous avions oublié d’apporter des collations. S’il n’avait pas eu d’allergies, je lui aurais acheté quelque chose sur place. Mais dans les circonstances, je ne pouvais pas le faire parce que j’avais trop peur. En fait, il y a une crainte qui s’installe parce que tu as peur de lui donner quelque chose qui va le rendre malade.

 

AQ — Avez-vous peur qu’une éventuelle réaction allergique se déclenche chez votre petit-fils ?

FY — Oui. Je pense que le jour où l’on arrête d’avoir peur des allergies alimentaires, on devient dangereux. Le jour où l’on se dit qu’il n’y a pas de problème est une journée de trop. Les allergies peuvent changer, évoluer avec le temps. J’étais allergique aux arachides avant et je peux maintenant en manger sans problème. Et l’inverse est également possible. Il ne faut donc jamais arrêter d’être à l’affût. Il faut toujours vérifier.

 

AQ — Est-ce important pour vous de faire équipe avec les parents de votre petit-fils pour assurer sa sécurité ?

FY — C’est primordial pour moi. Ça arrive que mon petit-fils vienne passer des journées chez mamie. Quand je le garde, je valide toujours à l’avance avec ma fille le menu que je veux servir à mon petit-fils. À l’épicerie, je vais regarder la liste des ingrédients pour m’assurer de l’absence d’arachides et de sésame. Et, parfois, je vais demander à ma fille de m’apporter certains aliments, par exemple des céréales que l’on ne mange pas à la maison, afin d’éviter de gaspiller. Alors oui, c’est essentiel de faire équipe. C’est impensable pour moi de ne pas avoir de lien avec les parents.

 

AQ — On entend souvent que les grands-parents ne prennent pas au sérieux les allergies alimentaires de leurs petits-enfants. Avez-vous observé cette problématique ?

FY — Oui. Dans les premiers temps, mon beau-père disait que les allergies, c’était dans la tête. Un jour, ma belle-mère a fait cuire une poitrine de poulet pour moi, dans le même plat que le filet de porc pour le reste de la famille. Il y a probablement eu contamination entre les deux viandes. J’ai été tellement malade ce jour-là que mon beau-père a compris que ce n’était pas dans ma tête. Malgré tout, il n’est toujours pas persuadé du sérieux des allergies alimentaires. Autrefois, on était beaucoup moins sensibilité à cette réalité, même si les allergies alimentaires ont toujours existé. Lorsqu’il y avait un décès, on disait que l’enfant s’était étouffé, qu’il avait avalé sa langue ou que c’était l’œuvre du bon Dieu. On ne savait pas que c’était peut-être dû à des allergies alimentaires.

 

AQ — Auriez-vous des conseils à donner aux grands-parents qui viennent d’apprendre que leur petit-enfant est allergique ?

FY — Ce que je leur dirais, autant pour eux que pour les enfants, c’est de toujours regarder les ingrédients et de faire un coin bien spécial à leur petit trésor, tout simplement. Nous, c’est ce que l’on a fait !


Un bien grand merci à Mme Yelle de s'être confiée à nous!

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