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La marche atopique en survol

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13 septembre 2017

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Par Katia Vermette

Eczéma, rhinite allergique, asthme, allergies alimentaires. Toutes des manifestations potentielles de la marche atopique. Le point sur cette cascade d’événements menant au développement d’une pathologie allergique.

Le terme « atopie » a été introduit en 1923 par les allergologues Coca et Cooke pour décrire l’hypersensibilité de certains individus à des substances retrouvées dans l’environnement[1]. Près d’un siècle plus tard, la définition a quelque peu évolué. L’atopie décrit maintenant une réponse immunitaire exagérée associée à la présence d’un allergène et menant à la production d’IgE.

On reconnaît aujourd’hui l’atopie comme un facteur prédisposant au développement des maladies allergiques. On a même élaboré un concept pour expliquer la progression des manifestations de l’atopie vers le développement de maladies allergiques telles que l’asthme et l’allergie alimentaire : la marche atopique.

 

De la dermatite atopique à la maladie allergique

Communément appelée eczéma, la dermatite atopique est souvent la première manifestation de l’atopie, celle qui ouvre la marche atopique. Se manifestant par une rougeur, un assèchement et une démangeaison de la peau, la pathologie cutanée apparaît le plus souvent avant l’âge de deux ans et affecte entre 0,3 % et 20,5 % des enfants, selon les études[2].

La présence d’une dermatite atopique, tout comme sa sévérité et sa persistance dans le temps, augmente le risque d’apparition d’une maladie allergique, que ce soit l’asthme, la rhinite allergique ou l’allergie alimentaire.

On estime par exemple que 70 % des enfants présentant une dermatite atopique sévère développeront de l’asthme au cours de leur vie, comparativement à 20 % à 30 % chez ceux dont la peau est peu affectée[3]. Pour vous donner une idée, la prévalence de l’asthme dans la population générale est d’environ 8 %. D’autres données montrent qu’à l’âge de 7 ans, 43 % des enfants présentant une dermatite allergique souffriront d’asthme et 45 % seront atteints de rhinite allergique[4].

En ce qui concerne l’allergie alimentaire, une revue systématique de la littérature scientifique publiée en 2016 a établi un lien entre la présence de dermatite atopique chez l’enfant, la sensibilisation à un ou plusieurs allergènes et l’apparition d’une allergie alimentaire plus tard dans la vie[5]. Plus précisément, les enfants souffrant d’une dermatite atopique présentaient un risque six fois plus élevé de développer une allergie alimentaire par rapport aux enfants dont la peau était intacte.

 

Une brèche dans la peau

Malgré les avancées de la science, les chercheurs se questionnent toujours sur l’élément déclencheur de la marche atopique. Bien que le mystère ne soit toujours pas résolu, les théories sont nombreuses : l’hypothèse hygiénique, les facteurs génétiques, un déséquilibre de la flore intestinale. Mais toutes impliquent une sensibilisation préalable, c’est-à-dire la production d’IgE reconnaissant spécifiquement un ou plusieurs allergènes. La sensibilisation constitue une étape préalable à la réaction allergique.

Or, le premier pas de la marche atopique, la dermatite atopique, jouerait un rôle déterminant dans l’étape de sensibilisation. En effet, la rupture de l’intégrité de la peau chez les enfants souffrant d’eczéma favorisait la production de certaines protéines spécifiques appelées cytokines, parmi lesquelles on retrouve notamment la TSLP (en anglais « thymic stromal lymphopoietin »)[6]. Ces protéines induiraient une inflammation locale et permettraient aux allergènes de traverser plus facilement la barrière cutanée, favorisant ainsi la sensibilisation de l’individu. Pour en savoir davantage sur la sensibilisation épicutanée, consulter notre article à ce sujet. 

Bien que l’on en connaisse de plus en plus sur le développement des maladies allergiques, la marche atopique ne s’applique pas dans tous les cas de maladies allergiques. En effet, il n’est pas nécessaire de présenter une dermatite atopique pour développer un asthme ou une allergie alimentaire. Il semble bien que les dysfonctionnements du système immunitaire soient multifactoriels.

 

 

 


[2] Han, H., Roan, F. et Ziegler, S. F. (2017). The atopic march: current insights into skin barrier dysfunction and epithelial cell-derived cytokins. Immunological Reviews, 278:116-130. DOI 10.1111/imr.12546

[3] Zeng, T et coll. (2011). The atopic march: progression from atopic dermatitis to allergic rhinitis and asthma. Allergy, Asthma and Immunological Research, 3(2):67-73. DOI 10.4168/aair.2011.3.2.67

[4] Gustafsson, D. Sjöberg, O. et Foucard, T. (2000). Development of allergies and asthma in infants and young children with atopic dermatitis – a prospective follow-up to 7-years of age. European Journal of Allergy and Clinical Immunology, 55(3):240-245. DOI 10.1034/j.1398.9995.2000.00391.x

[5] Tsakok, T. et coll. (2016). Doesa topic dermatitis cause food allergy? A systematic review. Journal of Allergy and Clinical Immunology, 137:1071-1078. DOI 10.1016/j.jaci.2015.10.049

[6] Zeng, T et coll. (2011). The atopic march: progression from atopic dermatitis to allergic rhinitis and asthma. Allergy, Asthma and Immunological Research, 3(2):67-73. DOI 10.4168/aair.2011.3.2.67

 

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